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Déclaration / Opinion

Mohamed Kidé, diplomate mauritanien.©️DR

Mauritanie : Mohamed Kidé relance le débat sur la langue arabe et les discriminations dans l’administration

Langue arabe, représentation des cadres et égalité professionnelle : dans une réaction publiée sur sa page Facebook, le diplomate mauritanien Mohamed Kidé conteste l’idée selon laquelle les Négro-Mauritaniens seraient réticents à apprendre l’arabe. Sa prise de position intervient dans le contexte du débat suscité par une circulaire ministérielle imposant l’usage de l’arabe dans certaines correspondances administratives. S’appuyant sur son propre parcours et sur la présence de cadres arabisants dans l’administration, il dénonce des mécanismes qu’il estime discriminatoires dans l’accès aux responsabilités publiques.

« Je tiens à préciser d’emblée que je suis moi-même arabisant de formation », affirme Mohamed Kidé. Il rappelle avoir été reçu major du concours d’entrée à l’École nationale d’administration de Nouakchott, en 2011, dans l’option arabe, pour le recrutement des diplomates. Un parcours qu’il invoque pour réfuter l’argument selon lequel les Négro-Mauritaniens refuseraient d’apprendre la langue arabe ou seraient insuffisamment compétitifs dans ce domaine.

Le diplomate s’en prend à certains discours nationalistes arabes qu’il juge réducteurs. Selon lui, ces discours entretiennent une représentation erronée des rapports entre les communautés noires mauritaniennes et la langue arabe, en occultant la présence de nombreux cadres négro-mauritaniens arabisants au sein des administrations publiques. Il estime que ces profils restent insuffisamment visibles dans les postes de premier plan de l’appareil d’État.

Mohamed Kidé évoque également la manière dont certains responsables sont exposés dans le débat public autour de la maîtrise de l’arabe. Il cite notamment le ministre des Finances, Codioro Moussa N’guenore, dont la prise de parole récente aurait, selon lui, été utilisée pour alimenter une représentation caricaturale des compétences linguistiques des cadres négro-mauritaniens. À l’inverse, il affirme que le ministère des Finances compte des administrateurs issus des communautés noires, arabisants de formation et disposant de solides compétences professionnelles.

Au-delà de la question linguistique, le diplomate met en cause les pratiques de gestion des ressources humaines dans l’administration mauritanienne. « Le problème n’est pas un refus d’apprendre l’arabe », soutient-il, avant de dénoncer ce qu’il qualifie de « politique ouverte de discrimination raciale » visant les Noirs mauritaniens, y compris les Haratine. Des accusations qui soulèvent, dans le contexte du débat sur la place des langues dans les institutions, la question de la représentativité des différentes composantes de la société dans les postes de responsabilité.

Cette réaction intervient dans le contexte du débat suscité par une circulaire signée le 20 octobre dernier par le ministre chargé de la Communication, Mohamed Ould Babana, imposant l’utilisation de l’arabe dans les lettres, notes, rapports et documents administratifs adressés à son cabinet. Cette mesure a relancé les discussions sur la place de la langue arabe dans le fonctionnement de l’administration mauritanienne et, plus largement, sur les enjeux linguistiques et d’égalité de traitement au sein des institutions publiques.

La réaction de Mohamed Kidé élargit ainsi le débat au-delà de la seule question linguistique, en mettant en lumière les enjeux liés à l’accès aux postes de responsabilité, à la reconnaissance des compétences et à l’égalité de traitement au sein de l’administration mauritanienne.

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