Kidé Mohamed El Habib Conseiller des Affaires Étrangères
Dans cette lettre adressée à l’opinion publique mauritanienne, le diplomate Kidé Mohamed El Habib affirme avoir été victime de marginalisation professionnelle, de privation d’assurance maladie et de décisions administratives qu’il juge arbitraires et dangereuses. Il met directement en cause plusieurs responsables du ministère des Affaires étrangères et appelle à l’établissement des responsabilités.
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Par Kidé Mohamed El Habib,
Diplomate.
Objet : Lettre de clarification concernant le différend entre moi et le Dr Kane Boubakar, ancien ambassadeur de Mauritanie en Allemagne.
À l’opinion publique mauritanienne,
Je vous adresse aujourd'hui cette lettre, non pas comme une simple plainte administrative, mais comme un témoignage documenté de l'injustice systématique, de la marginalisation délibérée et de la négligence qui ont atteint le point de mettre ma vie et celle de ma famille en danger. Ce sont les chapitres d'une tragédie dont les protagonistes étaient malheureusement des responsables censés protéger les droits des fonctionnaires de l'État et les défendre.
Mon histoire a commencé lorsque j'ai été nommé pour travailler à l'ambassade de la République Islamique de Mauritanie à Berlin le 18 septembre 2023, et j'ai officiellement pris mes fonctions le 17 novembre 2023. Je suis arrivé plein d'espoir et de détermination pour servir ma patrie, mais j'ignorais que je mettais les pieds dans un piège administratif et humain bien ficelé.
Premièrement : L'assassinat moral et la marginalisation professionnelle.
Six jours seulement après ma prise de fonction, l'ambassadeur à la retraite, le Dr Kane Boubakar, a lancé une campagne injuste contre moi, m'accusant faussement d'avoir contacté l'ambassade des Émirats Arabes Unis à Berlin pour demander de l'argent.
Cette accusation calomnieuse était la pierre angulaire de son plan pour m'isoler et me marginaliser. Bien que j'aie immédiatement demandé au Secrétariat Général et à la Direction des Ressources Humaines d'ouvrir une enquête officielle pour prouver mon innocence, ma demande s'est heurtée à un mur de silence et d'indifférence qui perdure jusqu'à ce jour.
À partir de ce moment, j'ai été dépouillé de toutes mes fonctions, placé dans un bureau vide et isolé, privé de toute correspondance administrative et empêché d'assister aux réunions et visites officielles, au point que j'apprenais les activités de ma propre ambassade et les visites des ministres de mon pays par les sites d'information ! Le blocus a même atteint le point de me priver des clés de l'entrée principale de l'ambassade, me forçant à attendre à la porte qu'un collègue entre pour que je puisse accéder à mon bureau vide. J'ai documenté tout cela dans des correspondances officielles adressées au ministère, mais je n'ai rencontré qu'un silence de plomb.
Deuxièmement : Le crime de la privation d'assurance maladie et la mise en danger de la vie de ma famille:
L'aspect le plus grave de cette tragédie est la décision délibérée du Dr Kane Boubakar, lui-même chirurgien de profession, de me priver, ainsi que ma famille, de notre droit fondamental à l'assurance maladie. Je l'avais informé dès mon arrivée de mon dossier médical, prouvant que je souffrais d'insuffisance cardiaque chronique et que j'avais besoin d'un suivi médical rigoureux que je recevais en France. Mais au lieu de faciliter l'accès à l'assurance, il a dressé tous les obstacles possibles, me forçant à continuer mon traitement en France grâce à ma résidence personnelle là-bas.
La situation s'est aggravée de manière tragique avec l'arrivée de mon épouse et de ma fille de cinq ans en Allemagne le 10 janvier 2024. J'ai supplié l'ambassadeur à maintes reprises d'obtenir une assurance maladie pour ma fille, afin qu'elle puisse recevoir les vaccins obligatoires et aller à l'école, mais il a persisté dans son entêtement et son refus. Lorsque ma femme est tombée enceinte, nous avons vécu un véritable cauchemar ; le suivi de la grossesse s'est fait sans aucune couverture médicale, et j'ai dû supporter tous les coûts exorbitants à mes propres frais jusqu'à l'accouchement.
Le point culminant a été atteint lorsque j'ai été convoqué par le ministère mauritanien des affaires étrangères le 30 septembre 2024 (sur l'instigation de l'ambassadeur Kane Boubakar) pour retourner à Nouakchott dans les 72 heures, alors que mon épouse était dans son huitième mois de grossesse, seule dans un pays dont elle ne parle pas la langue.
Lorsque j'ai présenté un certificat médical attestant de l'impossibilité de laisser mon épouse dans ces conditions critiques, l'ambassadeur Kane Boubakar a refusé de le transmettre officiellement au ministère mauritanien des affaires étrangères.
Troisièmement : La mutation au Qatar : un complot pour m'éliminer sous couvert administratif.
Le 30 avril 2025, alors que les dettes s'accumulaient auprès des hôpitaux allemands et que les tribunaux commençaient à me poursuivre, une note de service a été émise pour me muter au Qatar.
Ce n'était pas une décision administrative innocente, mais un complot orchestré par le Dr Kane Boubakar en coordination avec M. Massar Abdoulaye Sissoko, alors directeur des ressources humaines du ministère des affaires étrangères.
Après avoir consulté mon dossier médical dès mon arrivée en Allemagne, l'ambassadeur-médecin Kane Boubakar savait pertinemment que les conditions climatiques chaudes et humides du Qatar constituaient une menace directe pour la vie d'un patient souffrant d'insuffisance cardiaque, surtout sans une assurance maladie complète – une situation qui a d'ailleurs coûté la vie à un de nos collègues à Doha quelques mois plus tôt.
Comment peut-on me demander de quitter mon traitement médical en Europe pour aller attendre la mort à Doha sans protection sanitaire ?
Le 8 octobre 2025 Dr. Kane Boubakar m’avait transmis un avertissement du secrétaire général du ministère des affaires étrangères Mr. Demman Ould Hammar m’ordonnant de rejoindre le Qatar sous 72h. Pour répondre à la lettre du secrétaire général du ministère des affaires étrangères, j’ai formé un revois hiérarchique qui devait être envoyé au ministère des affaires étrangères par la voie hiérarchique, mais Dr. Kane Boubakar a catégoriquement refusé de transmettre ma lettre de recours. Pour avoir la preuve de son refus, je l’ai filmé pour matérialiser son comportement.
Quatrièmement : L'établissement des responsabilités directes.
Ce qui m'est arrivé n'est pas une erreur individuelle, mais le résultat d'une collusion et d'une coordination entre plusieurs personnes que je tiens pour pleinement responsables:
1. Dr Kane Boubakar :
L'ambassadeur à la retraite, principal instigateur de cette injustice. Il a utilisé sa position pour une vengeance personnelle, m'a privé de mes droits fondamentaux et a même orchestré un complot qui aurait pu me coûter la vie sous le couvert d'une décision administrative.
Son aveu tardif dans une lettre du 9 septembre 2025, reconnaissant que ma famille et moi n'avions pas d'assurance maladie, est une preuve irréfutable de sa culpabilité.
2. Dr. Ball Mohamed El Habib, Doudou Ball:
L'ancien Secrétaire Général du ministère, qui a ignoré toutes mes correspondances et plaintes, a permis ma convocation du 30 septembre 2025 dans des conditions inhumaines et a participé par son silence complice à ce crime administratif.
3. M. Massar Abdoulaye Sissoko:
Le Directeur Général de l’Appui et des Services transversaux (ancien gestionnaire des ressources humaines), qui a été un partenaire clé dans la décision de ma mutation au Qatar, ignorant tous les rapports médicaux prouvant le danger de cette décision.
4. M. Ball Mamadou Oumar:
Nommé Ambassadeur de Mauritanie au Nigeria le 20 février 2026. Il était le Directeur général de l’appui et les services transversaux (gestionnaire de la Direction des Ressources Humaines), il a activement participé à l'obstruction de mon dossier médical, ainsi que ma situation administrative de manière générale.
5. M. Demane Ould Hemer:
Le Secrétaire Général du ministère des Affaires Étrangères.
"Et ceux qui ont été injustes sauront bientôt quel sort leur est réservé." (Coran).
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l'expression de ma très haute considération.
Kidé Mohamed El Habib
Conseiller des Affaires Étrangères
Bruxelles, le 21/02/2026.