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Gouvernance

Crise de la SOMELEC : Biram Dah Abeid réclame la démission du gouvernement

Dans une déclaration politique transmise à la rédaction de TRUST, le président du mouvement IRA, Biram Dah Abeid, estime que la crise électrique de Nouakchott dépasse la simple panne technique et constitue désormais, selon lui, une « crise de gouvernance ». Il demande notamment une enquête parlementaire, un audit des infrastructures et la démission du gouvernement.

Pour Biram Dah Abeid, les incendies ayant touché deux infrastructures électriques stratégiques de Nouakchott en l’espace de deux jours ont révélé de graves failles dans la gestion des services publics.

« La crise de la SOMELEC n’est plus une simple panne d’électricité. Elle est devenue une crise de gouvernance », affirme-t-il, estimant que cette situation soulève des questions sur la qualité des infrastructures, la gestion des marchés publics, la maintenance et les mécanismes de contrôle de l’État.

L’opposant souligne également les conséquences des coupures sur les populations, les commerces, les services de santé, les pharmacies, les stations-service, les paiements électroniques et l’approvisionnement en eau.

Des interrogations sur la gestion de la crise

Biram Dah Abeid critique par ailleurs la gestion de la crise par les autorités. Il s’interroge notamment sur les priorités du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani alors que plusieurs quartiers de la capitale étaient encore affectés par les coupures.

« En pareil moment, la priorité absolue du chef de l’État devrait être de mobiliser toutes les ressources de l’État pour rétablir le service et rendre compte aux citoyens », déclare-t-il.

Il estime également que le recours à l’expertise étrangère pour faire face à la situation révèle, selon lui, des insuffisances dans les capacités techniques et institutionnelles nationales.

Les explications du gouvernement mises en cause

L’ancien candidat à la présidentielle s’attarde surtout sur les déclarations du Premier ministre concernant l’ancienneté des installations électriques et les équipements destinés à la modernisation du réseau.

Selon Biram Dah Abeid, si des équipements achetés dans le cadre du programme de développement de Nouakchott sont restés stockés pendant plusieurs années, le gouvernement doit expliquer pourquoi leur installation n’a pas été réalisée.

Il réclame ainsi la publication et la vérification des contrats, factures, procès-verbaux de réception, certificats de conformité, dates de livraison et d’installation ainsi que les rapports de maintenance.

« La vérité se trouve dans les documents », insiste-t-il.

Biram Dah Abeid demande également que soient vérifiées les informations faisant état d’éventuelles anomalies dans certains marchés publics, tout en présentant ces éléments comme des accusations qui doivent être établies par une enquête.

Une commission parlementaire réclamée

L’opposant juge insuffisante la commission d’enquête mise en place par le gouvernement et demande au Parlement de lancer sa propre commission.

« Le gouvernement contrôle l’administration ; le Parlement contrôle le gouvernement. C’est le principe élémentaire du contrôle démocratique », affirme-t-il.

Il souhaite que cette commission puisse examiner les marchés publics, entendre les responsables concernés et établir les éventuelles responsabilités institutionnelles et politiques. Il demande également que les auditions les plus importantes soient publiques.

Un audit général des infrastructures

Au-delà des deux postes électriques endommagés, Biram Dah Abeid réclame un audit indépendant des infrastructures stratégiques de Nouakchott, incluant notamment les réseaux d’électricité, d’eau, les routes, les ponts, les infrastructures hospitalières et les réseaux d’assainissement.

Selon lui, la crise doit conduire à une évaluation plus large de la politique de modernisation de la capitale : coûts des projets, entreprises bénéficiaires, contrôle des travaux, réception des ouvrages, maintenance et performances.

« Moderniser ne peut pas signifier simplement inaugurer », affirme-t-il.

Appel à la démission du gouvernement

Au terme de sa déclaration, Biram Dah Abeid réclame explicitement la démission du gouvernement, qu’il accuse d’avoir échoué dans l’anticipation, la gestion de la crise et la communication publique.

« Je demande la démission immédiate du gouvernement », déclare-t-il, estimant qu’« un gouvernement qui échoue doit reconnaître son échec ».

Il appelle parallèlement à la publication des marchés concernés, à un audit des infrastructures, au renforcement du contrôle des entreprises publiques et à l’établissement des responsabilités individuelles et institutionnelles.

Pour Biram Dah Abeid, la crise électrique doit ainsi déboucher sur une remise en cause plus profonde de la gouvernance des services publics.

« Nous ne voulons pas seulement réparer. Nous voulons changer la façon de gouverner », conclut-il.

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