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Gouvernance

Mauritanie : vague de limogeages après le rapport explosif de la Cour des comptes

Sous l’impulsion du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, le gouvernement mauritanien a décidé, ce mardi 21 octobre, de traduire en justice l’ensemble des personnalités citées dans le rapport explosif de la Cour des comptes, marquant ainsi un tournant décisif dans la lutte contre la corruption.

Réuni en Conseil des ministres hebdomadaire, le gouvernement a pris une série de mesures inédites en réponse aux conclusions accablantes de la Cour des comptes. Selon des informations rapportées par Alakhbar, toutes les personnes mises en cause dans les rapports de l’institution seront déférées devant la justice. Le Conseil des ministres a également décidé de mettre fin aux fonctions de 20 hauts responsables encore en poste, parmi les 30 personnalités visées — les dix autres ne détenant actuellement aucun poste officiel.

Ces décisions interviennent moins de 24 heures après un discours déterminant du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, prononcé lundi soir lors de la cérémonie de remise des diplômes de la 46ᵉ promotion de l’École Nationale d’Administration, de Journalisme et de Magistrature (ENAJM). Le chef de l’État y avait déclaré avec fermeté : « Nous n’hésiterons pas à demander des comptes à toute personne impliquée dans des affaires de corruption présumées. Avec la corruption, il ne peut y avoir de réel développement, car elle dilapide les ressources de l’État, affaiblit significativement l’efficacité de la mise en œuvre des projets, déséquilibre la répartition de la richesse, et affecte la lutte contre l’injustice et la précarité, qui constitue l’axe central de nos programmes de développement. »

Cette prise de position s’inscrit dans la continuité de sa réaction à la publication du rapport 2022-2023 de la Cour des comptes, lequel révélait un détournement estimé à plus de 410 milliards d’ouguiyas, soit environ un milliard de dollars. Face à ce scandale d’ampleur inédite, le président avait déjà promis que « personne ne serait au-dessus de la loi », appelant les organes de contrôle et d’inspection à exercer pleinement leurs prérogatives.

En appliquant les recommandations de la Cour des comptes et en engageant des poursuites judiciaires contre les responsables présumés, le gouvernement mauritanien répond à l’appel de l’opinion publique, qui réclame des sanctions exemplaires contre les auteurs de ces détournements présumés.

Cette série de limogeages et de déférés devant la justice, si elle aboutit à des condamnations sérieuses, marquerait une nouvelle ère de gouvernance en Mauritanie, où la transparence et la reddition des comptes s’imposeraient comme des priorités nationales.

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