Le président de l’Assemblée nationale et chef du PASTEF conteste les réductions des crédits d’investissement et des dépenses sociales, ainsi que la baisse des subventions aux carburants. Il met en cause les choix économiques liés au traitement de la dette publique et réclame des modifications des projets budgétaires.
Le bras de fer budgétaire se durcit au Sénégal. Le 19 octobre 2026, à Dakar, Ousmane Sonko a annoncé que les députés de son parti, le PASTEF, ne soutiendraient pas les textes financiers en l’état. Ses critiques portent notamment sur le projet de loi de finances rectificative pour 2026 et le projet de loi de finances initiale pour 2027, selon les comptes rendus de la presse sénégalaise.
« Pour le moment, nous ne rejetons rien, nous ne validons rien », a déclaré Ousmane Sonko lors d’un point de presse. Il a toutefois prévenu que si le texte contesté était maintenu sans modification, son parti le rejetterait. Cette position place l’exécutif face à la nécessité de répondre aux préoccupations de sa propre majorité parlementaire.
Au cœur du différend figure la réduction des crédits d’investissement, que Sonko chiffre à 555 milliards de francs CFA, ainsi que les diminutions de dépenses dans plusieurs secteurs sociaux, notamment l’éducation, la famille, la solidarité et la formation professionnelle. Il dénonce une orientation budgétaire qu’il juge défavorable aux investissements et à la protection sociale. Ces montants et appréciations correspondent aux éléments avancés par le dirigeant politique et doivent être distingués des données budgétaires officiellement consolidées.
Les subventions aux produits pétroliers constituent un autre point majeur de friction. Selon les chiffres présentés par Sonko, l’enveloppe concernée passerait de 790 à 552 milliards de francs CFA dans le cadre du budget rectificatif de 2026. Il estime que cette réduction pourrait entraîner une hausse du prix du gasoil et renchérir les coûts du transport ainsi que ceux des produits de consommation courante. Pour limiter ces effets, il propose notamment de réduire certaines taxes sur les hydrocarbures, dont la TVA, plutôt que de diminuer les subventions sans compensation fiscale.
Le débat renvoie également à la stratégie de traitement de la dette publique. Ousmane Sonko critique le recours au Cadre commun du G20, mécanisme international destiné à faciliter la restructuration de la dette des pays en difficulté. Il considère que les conditions associées à cette démarche risquent de peser sur le pouvoir d’achat et les dépenses publiques. Il a également dénoncé ce qu’il qualifie de « budget d’austérité » destiné à rembourser une dette auparavant sous-déclarée, mettant en cause la gestion de ce dossier et le rôle du Fonds monétaire international (FMI). Ces accusations relèvent de ses déclarations politiques.
Le Sénégal cherche à rétablir la crédibilité de ses finances publiques après la révision à la hausse des estimations de sa dette, révélée en 2024. Le FMI a indiqué qu’un accord préliminaire avait été conclu en septembre 2026 sur un programme de financement de 2,2 milliards de dollars sur 36 mois, sous réserve des approbations requises. La recherche d’un compromis budgétaire devra ainsi concilier les impératifs de redressement financier avec les préoccupations sociales et économiques soulevées par Sonko. Celui-ci affirme rester ouvert au dialogue, tout en attribuant à l’exécutif la responsabilité d’un éventuel blocage.