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Politique

Guinée : 40 partis politiques dissous pour non-conformité à la nouvelle loi

Une décision majeure des autorités guinéennes bouleverse le paysage politique national à quelques mois d’importantes échéances électorales.

Le gouvernement guinéen a annoncé la dissolution de quarante partis politiques, accusés de manquements à leurs obligations légales. La décision a été rendue publique dans la nuit du 6 au 7 mars 2026 à la télévision nationale à travers un arrêté du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD).

Selon les autorités, les formations concernées ne se sont pas conformées aux exigences prévues par la nouvelle loi organique encadrant le fonctionnement des partis politiques. Parmi les organisations dissoutes figurent plusieurs poids lourds de la scène politique nationale, notamment l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) dirigée par Cellou Dalein Diallo, le Rassemblement du Peuple de Guinée – Arc-en-ciel (RPG-AEC) de l’ancien président Alpha Condé, ainsi que l’Union des Forces Républicaines (UFR) fondée par Sidya Touré. Les dirigeants de ces formations vivent actuellement hors du pays.

L’arrêté précise que les partis dissous perdent immédiatement leur personnalité morale et leur statut juridique. En conséquence, toute activité politique menée en leur nom est désormais interdite sur le territoire national ainsi que dans les représentations diplomatiques guinéennes à l’étranger.

Le texte prévoit également la mise sous scellés des sièges nationaux et des représentations locales de ces partis. Leur patrimoine sera placé sous séquestre dans l’attente de la nomination d’un liquidateur chargé d’en assurer la gestion et la dévolution.

Cette décision s’inscrit dans l’application de la loi organique L-2025-035-CNT du 21 novembre 2025, qui impose de nouvelles conditions de fonctionnement aux partis politiques, notamment une implantation dans les 33 préfectures du pays, la présence d’au moins 30 % de femmes dans les organes dirigeants, ainsi que la fourniture de documents administratifs et fiscaux concernant les responsables politiques.

Les formations politiques disposaient d’un délai transitoire de six mois, courant du 25 novembre 2025 au 25 mai 2026, pour se conformer à ces nouvelles dispositions.

La mesure intervient alors que la Guinée se prépare aux élections législatives et communales prévues le 24 mai 2026. La dissolution de ces partis provoque déjà un véritable séisme politique, certains responsables dénonçant des restrictions potentielles à l’expression politique et un durcissement du cadre réglementaire.
 

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