Mokhtar Ould Diay, Premier ministre mauritanien.©️DR
À la veille d’un rendez-vous institutionnel majeur, le Premier ministre, Mokhtar Ould Diay, s’apprête à présenter devant les députés le bilan de l’action gouvernementale en 2025 et les grandes orientations prévues pour 2026, dans un exercice de transparence inscrit au cœur de la Constitution.
Le Premier ministre mauritanien, Mokhtar Ould Diay, se présentera demain jeudi 22 janvier devant l’Assemblée nationale pour exposer le rapport annuel sur le bilan de l’action gouvernementale au titre de l’année 2025, ainsi que les perspectives et priorités de l’Exécutif pour l’année 2026. Cette séance plénière, prévue par l’article 73 de la Constitution, marque un temps fort de la vie institutionnelle et démocratique du pays.
La Conférence des présidents de l’Assemblée nationale, réunie sous la présidence de Mohamed Bemba Meguett, a arrêté le calendrier de cet exercice parlementaire, en fixant une séance de présentation du rapport ce jeudi, suivie d’un débat général programmé pour le samedi 24 janvier 2026. La durée totale des échanges a été limitée à sept heures, permettant aux députés d’interroger le gouvernement sur ses choix, ses réalisations et ses priorités.
Le rapport du Premier ministre s’inscrit dans la continuité du programme présidentiel « Mon ambition pour la Patrie », porté par le Président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Il s’articule autour de cinq axes structurants : le renforcement de l’État de droit, la consolidation d’une gouvernance moderne, la construction d’une économie résiliente et inclusive, le développement du capital humain et la promotion de l’unité nationale. Une communication préalable sur ces orientations avait déjà été présentée par le Premier ministre lors du Conseil des ministres du 14 janvier 2026, traduisant la volonté de l’Exécutif de placer son action sous le sceau de la redevabilité et de la transparence.
Sur le plan politique, cette présentation annuelle constitue un moment clé de contrôle parlementaire de l’action gouvernementale. Elle intervient dans un contexte marqué par la mise en œuvre de réformes structurelles et de projets à fort impact social et économique, notamment dans les domaines des infrastructures, de l’industrialisation, de la protection sociale et de la prise en charge des enfants vulnérables.
Pour l’année 2026, les orientations annoncées s’alignent sur les priorités déjà inscrites dans la loi de finances adoptée fin décembre 2025. Le gouvernement table sur une croissance du PIB estimée à 5 %, portée par la reprise du secteur minier, le renforcement de l’agriculture et le démarrage effectif de l’exploitation gazière. Les recettes fiscales devraient atteindre 128,79 milliards MRU, en hausse de plus de 10 %, tandis que le budget d’investissement connaîtra une augmentation de 15 %, pour s’établir à 62,10 milliards MRU, répartis en 108 programmes cohérents avec la Stratégie de croissance accélérée et de prospérité partagée (SCAPP).
Dans un contexte international incertain, l’Exécutif ambitionne également de maintenir l’inflation sous la barre des 2 %, grâce à des politiques de stabilisation des prix, au soutien à la production locale et à la consolidation des mécanismes de régulation des marchés. Autant d’éléments qui feront l’objet d’une attention particulière lors du débat parlementaire attendu ce week-end, et qui permettront de mesurer la trajectoire du pays à l’aune des engagements pris.