Le parti majoritaire dirigé par Ousmane Sonko a annoncé son refus de participer au nouveau gouvernement formé par le Premier ministre Ahmadou Al Amine Lô. Cette décision, motivée par des divergences politiques avec le président Bassirou Diomaye Faye, ouvre une nouvelle séquence institutionnelle inédite au Sénégal.
Le parti PASTEF-Les Patriotes a officialisé, lundi 1er juin 2026, sa décision de ne pas prendre part au nouveau gouvernement en cours de formation au Sénégal. Dans un communiqué signé par son Comité exécutif (COMEX), la formation politique dirigée par Ousmane Sonko affirme qu’aucun de ses membres ne siégera au sein de la future équipe gouvernementale.
Cette annonce intervient à l’issue de plusieurs discussions engagées entre le parti majoritaire et le président de la République en vue de la constitution du nouvel exécutif.
Selon le communiqué, un long entretien s’est tenu dans la matinée entre le chef de l’État et Ousmane Sonko, désormais président de l’Assemblée nationale. Si les deux responsables ont constaté des « convergences » sur plusieurs sujets, ils n’ont pas réussi à surmonter des divergences jugées importantes, notamment concernant « la place et le rôle de la majorité dans le dispositif exécutif ».
PASTEF indique également avoir formulé de nouvelles propositions après consultation de ses instances dirigeantes, mais celles-ci n’auraient pas reçu de réponse favorable de la présidence.
« En conséquence, PASTEF-Les Patriotes ne participera pas au prochain gouvernement et n’y sera représenté par aucun ministre », précise le communiqué.
Une rupture politique majeure
Cette décision marque un tournant significatif dans la vie politique sénégalaise. Bien que majoritaire à l’Assemblée nationale, PASTEF choisit ainsi de rester en dehors de l’exécutif, créant une configuration institutionnelle inédite susceptible de compliquer les relations entre le gouvernement et la majorité parlementaire.
Cette situation pourrait ouvrir la voie à une cohabitation politique tendue, alors que plusieurs réformes majeures sont attendues dans les prochains mois. Les modalités de collaboration entre le futur gouvernement et l’Assemblée nationale seront particulièrement scrutées par les observateurs de la scène politique sénégalaise.
Malgré cette rupture, le parti d’Ousmane Sonko a adopté un ton mesuré, souhaitant « plein succès à la nouvelle équipe » gouvernementale tout en annonçant qu’il reviendra ultérieurement avec davantage d’explications sur les raisons de sa décision.