Stable par rapport à 2024, la Mauritanie demeure en dessous des moyennes mondiale et ouest-africaine à l’Indice de perception de la corruption, malgré des réformes et des engagements officiels en faveur de la bonne gouvernance.
La Mauritanie obtient 30/100 à l’Indice de perception de la corruption (IPC) 2025 publié par Transparency International. Un score inchangé par rapport à 2024, mais inférieur à la moyenne mondiale (42/100) et à celle de l’Afrique de l’Ouest (34,2/100).
Avec ce résultat, la Mauritanie figure parmi les 122 pays sur 182 ayant un score inférieur à 50/100, catégorie qualifiée de pays « ne parvenant pas à maîtriser la corruption ». Seuls 60 pays dépassent ce seuil, soulignant un défi global persistant, particulièrement dans la région du Sahel.
Si la Mauritanie ne figure pas parmi les pays les plus mal classés au monde, son score révèle néanmoins un niveau de corruption perçu comme préoccupant et structurel.
Depuis 2006, le pays évolue dans une fourchette comprise entre 28 et 31/100, avec un creux à 23 en 2010, ce qui traduit une stagnation persistante malgré les annonces répétées de réformes.
Les secteurs des mines, des marchés publics, des infrastructures, de la santé et du pétrole figurent parmi les plus exposés aux risques de détournements et de malversations.
En 2025, le gouvernement a adopté de nouvelles lois anticorruption et créé une Autorité nationale de lutte contre la corruption (ANLC). Le rapport 2022-2023 de la Cour des comptes, publié en octobre 2025, a par ailleurs mis en lumière des irrégularités au sein de l’administration publique.
À la suite de ce rapport, le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et son gouvernement ont réaffirmé leur engagement à lutter contre la corruption. Le chef de l’État a évoqué une approche fondée sur la « rigueur » et le renforcement des institutions de contrôle, notamment la justice et la Cour des comptes.
En janvier 2026, le Premier ministre Mokhtar Ould Diay a déclaré devant le Parlement que 11 dossiers ont été transmis à la justice, accompagnés de dizaines de sanctions administratives, comme illustration de la volonté gouvernementale d’assainir la gestion publique.
Malgré ces initiatives, une amélioration tangible des indicateurs internationaux reste attendue.