Biram Dah Abeid, chef de file de l’opposition mauritanienne.©️DR
Alors que la Coalition pour l’Alternance Démocratique 2029 (CAD2029) devait lancer officiellement ses activités à Nouakchott, le ministère de l’Intérieur aurait annulé, à la dernière minute, l’autorisation initialement accordée. Une décision vivement critiquée par les organisateurs et plusieurs figures de l’opposition, qui y voient un recul des libertés publiques à trois ans de la présidentielle.
Le lancement officiel de la Coalition pour l’Alternance Démocratique 2029 (CAD2029), prévu ce mercredi 11 février 2026 à l’Ancienne Maison des Jeunes de Nouakchott, n’a finalement pas eu lieu.
Selon les organisateurs, le ministère de l’Intérieur a interdit la tenue du meeting quelques heures seulement avant la cérémonie d’ouverture, alors qu’une autorisation avait été préalablement délivrée.
Des membres de la coalition dénoncent « une mesure arbitraire » qui, selon eux, « révèle le caractère fallacieux du discours sur l’ouverture politique » et confirme que « les restrictions imposées à l’action de l’opposition demeurent la règle plutôt que l’exception ».
Samba Thiam, président des Forces Progressistes pour le Changement (FPC), bien qu’il ne soit pas membre de la nouvelle coalition, a exprimé son désaccord sur sa page Facebook.
« Je viens d’apprendre, à l’instant, que le ministre de l’Intérieur vient d’interdire la tenue d’une rencontre initiée par un parti légal, en vue de la mise en place d’une Coalition pour l’Alternance Démocratique. Je n’appartiens pas à cette nouvelle coalition, mais je m’érige totalement contre cette mesure du ministre qui viole les libertés fondamentales consacrées par la Constitution, dont, entre autres, la liberté de réunion et d’association », a-t-il écrit.
L’opposant va plus loin en estimant que « sans un minimum de libertés, il n’y a pas démocratie » et en mettant en garde contre « un vaste parti unique entouré de satellites », dénonçant une évolution qu’il juge préoccupante du climat politique.
La CAD2029 avait été annoncée le 9 février 2026 comme une nouvelle plateforme de rassemblement d’une partie de l’opposition mauritanienne, avec pour objectif affiché de préparer une alternance pacifique à l’élection présidentielle de juin 2029.
La coalition regroupe, à ce stade, plusieurs formations politiques, dont le Rassemblement pour une Action Globale (RAG), l’AJDMR, le Parti de l’Alliance Démocratique et le Parti pour une Mauritanie Forte.
Ses initiateurs affirment vouloir fédérer les forces vives du pays autour d’un projet axé sur la justice, la démocratie et l’alternance pacifique, présentée comme un levier de stabilité institutionnelle.
Le meeting interdit devait constituer la première apparition publique de la coalition et permettre de préciser sa feuille de route ainsi que ses ambitions politiques pour les années à venir.
À plus de trois ans de la présidentielle, cet épisode relance le débat sur l’état des libertés publiques et les conditions d’exercice de l’activité politique en Mauritanie.
En l’absence de communication officielle sur les motifs de l’interdiction, l’affaire pourrait raviver les tensions entre le pouvoir et une opposition qui cherche à se restructurer en vue de 2029.