Lors d’une conférence de presse tenue à Nouakchott ce lundi 11 mai, le député et président de l’IRA, Biram Dah Abeid, a vivement critiqué la gestion de la crise des carburants par les autorités mauritaniennes. Il dénonce des pratiques qu’il juge corrompues dans les marchés publics, une hausse des prix qu’il estime injustifiée, ainsi qu’une stratégie politique visant à détourner l’attention des difficultés économiques et sociales du pays.
Il accuse le régime du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani d’avoir transformé la passation des marchés des carburants en « terrain de corruption ». Selon lui, l’absence d’infrastructures de stockage serait volontaire et profiterait à des intermédiaires proches du pouvoir, qui en tireraient des bénéfices excessifs.
Le président de l’IRA estime également que les tensions politiques récentes et les arrestations de militants des droits humains visent à détourner l’opinion publique des véritables enjeux nationaux. Il affirme que le pouvoir chercherait à orienter le débat vers des clivages communautaires, notamment autour de la composante haratine, plutôt que sur les problématiques économiques et sociales.
Dans son intervention, il a dénoncé la gestion de la crise économique, estimant que les hausses de prix décidées par les autorités constituent un « prélèvement direct sur les citoyens ». Il a opposé cette approche à celle de pays disposant, selon lui, de mécanismes de stabilisation et de réserves stratégiques permettant d’amortir les crises.
Biram Dah Abeid a par ailleurs établi un parallèle avec des périodes politiques passées, évoquant des pratiques qu’il juge similaires à celles du régime de Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya, notamment en matière de tensions communautaires et de répression.
Enfin, il a appelé les acteurs de la justice à refuser, selon ses termes, l’application d’« ordres illégaux », affirmant que les responsabilités politiques et judiciaires pourraient être engagées à l’avenir.
Cette sortie intervient au lendemain d’un important rassemblement organisé par l’opposition, articulé autour de revendications politiques, économiques et sociales. Elle s’inscrit dans un contexte de fortes tensions autour de la gouvernance et du pouvoir d’achat.