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Gouvernance

Biram Dah Abeid conteste le bilan du gouvernement sur la lutte contre la pauvreté

Le député et opposant Biram Dah Abeid rejette la présentation faite par le gouvernement des résultats de la lutte contre la pauvreté. Il estime que les chiffres officiels sont utilisés à des fins de communication politique, alors qu’une part importante de la population reste confrontée à la précarité.

Dans une déclaration, Biram Dah Abeid a vivement critiqué les arguments avancés par le ministre de l’Économie et du Développement, qui présente la baisse de la pauvreté comme l’une des principales réussites du régime.

« Comment peut-on parler de succès alors que 25,7% des Mauritaniens vivent encore sous le seuil de pauvreté et que 11,2% de la population demeure en situation d’extrême pauvreté ? », s’interroge-t-il. Selon lui, ces chiffres signifient qu’« un Mauritanien sur quatre est toujours pauvre », soit environ 1,2 million de personnes.

L’opposant affirme ne pas contester les statistiques produites par l’Agence nationale de la statistique et de l’analyse démographique et économique (ANSADE), mais plutôt leur interprétation par les autorités. « Je conteste clairement la manière dont le gouvernement utilise ces données pour transformer une réalité sociale préoccupante en campagne de communication politique », déclare-t-il.
 

Un objectif annuel contesté

Biram Dah Abeid remet également en cause l’affirmation selon laquelle la Mauritanie aurait dépassé un prétendu objectif mondial de réduction de la pauvreté de 1% par an.

« Un tel objectif n’existe tout simplement pas », soutient-il, estimant que cette référence donne « une apparence scientifique à un discours politique ». Il critique ainsi la comparaison établie par le ministre, qu’il juge dépourvue de fondement.

Le député conteste par ailleurs le lien établi entre la hausse des dépenses moyennes des ménages et une amélioration du pouvoir d’achat. « Une augmentation des dépenses ne signifie pas nécessairement une amélioration du niveau de vie », souligne-t-il. Elle peut, selon lui, résulter de la hausse des prix de l’alimentation, du logement, des soins et des transports.

Chômage et pauvreté rurale

Dans sa déclaration, Biram Dah Abeid met en avant la progression du chômage et le recul du taux d’emploi, qu’il considère incompatibles avec le discours officiel sur les progrès sociaux.

« Aucun gouvernement ne peut prétendre avoir remporté la bataille contre la pauvreté alors que de plus en plus de citoyens perdent leur emploi », affirme-t-il. Il évoque également le ralentissement de la croissance économique et la situation préoccupante des jeunes.

L’opposant dénonce surtout la persistance de la pauvreté dans les zones rurales, notamment au Guidimagha, au Tagant, au Brakna et en Assaba. Ces régions, dit-il, restent confrontées à des déficits importants dans les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’eau, des infrastructures et de l’emploi.

Il alerte aussi sur la situation nutritionnelle des enfants dans le Guidimagha et le Gorgol. « Voilà la réalité que les chiffres présentés lors d’une conférence de presse cherchent à masquer en la présentant comme un succès », accuse-t-il.

Appel à la transparence

Biram Dah Abeid demande enfin la publication intégrale du rapport de l’enquête 2025-2026 sur les conditions de vie des ménages, ainsi que sa méthodologie et l’ensemble des données disponibles.

« La transparence ne consiste pas à sélectionner quelques indicateurs positifs lors d’une conférence de presse », affirme-t-il. Pour lui, les résultats doivent être accessibles aux citoyens, aux chercheurs, aux partis politiques et aux médias.

En conclusion, le président de la Coalition de l’opposition antisystème et de la Coalition Alternance 2029 estime que la lutte contre la pauvreté doit être évaluée à partir des conditions de vie réelles des Mauritaniens.

« Le succès de la lutte contre la pauvreté ne se mesure pas aux discours des ministres, mais aux conditions de vie quotidiennes des citoyens », conclut-il. « Tant qu’un Mauritanien sur quatre vivra encore sous le seuil de pauvreté, aucun gouvernement ne pourra sérieusement prétendre avoir remporté la bataille contre la pauvreté. »

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