Réuni en Conseil des ministres ce mardi 31 mars, le gouvernement mauritanien a adopté une série de mesures fortes pour faire face aux répercussions de la crise énergétique mondiale liée aux tensions au Moyen-Orient.
Le gouvernement mauritanien a officialisé une nouvelle augmentation des prix des carburants, dans un contexte international marqué par de fortes tensions sur les marchés énergétiques. L’annonce a été faite par les membres du gouvernement lors d’une conférence de presse tenue à l’issue du Conseil des ministres.
Selon les nouvelles mesures, le prix du gasoil enregistre une hausse de 10 %, tandis que celui de l’essence progresse de 15,3 %. Le gouvernement justifie cette décision par l’impact direct des tensions géopolitiques au Moyen-Orient sur les marchés internationaux, qui affectent significativement l’économie nationale.
Le gaz domestique est également concerné par cette révision tarifaire. Le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Mohamed Ould Khaled, a annoncé une augmentation notable des prix, précisant que la bouteille B12 sera désormais vendue à 7 000 ouguiyas (MRO), contre 5 000 auparavant, soit une hausse de 2 000 ouguiyas. La bouteille B6 passe à 2 400 ouguiyas, tandis que la B3 atteint 1 100 ouguiyas.
Le ministre a expliqué que ces ajustements s’inscrivent dans une logique d’adaptation aux évolutions du marché international, évoquant une « véritable crise » impactant à la fois la production et le transport de l’énergie. Il a toutefois assuré que l’État maintient un soutien partiel afin de garantir l’accessibilité du gaz et d’éviter toute rupture d’approvisionnement.
Dans le cadre des mesures de rationalisation énergétique, le gouvernement a également instauré de nouvelles restrictions de circulation. À partir de jeudi, la circulation des véhicules à quatre roues sera interdite en milieu urbain entre minuit et 5 heures du matin. Par ailleurs, les déplacements interurbains seront interdits après minuit, sauf en cas de nécessité. Les piétons et les usagers de vélos ne sont pas concernés par ces restrictions.
Au-delà de ces mesures économiques et organisationnelles, les autorités ont annoncé des gestes de solidarité au sommet de l’État. Le président de la République a décidé de renoncer à un million d’ouguiyas (MRO) sur son salaire mensuel, tandis que le Premier ministre abandonne 400 000 ouguiyas (MRO). Dans le même élan, les membres du gouvernement ont également consenti à une réduction partielle de leurs rémunérations, à hauteur de 200 000 ouguiyas (MRO).