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Gouvernance

Face aux critiques fiscales, le gouvernement mauritanien défend son programme de développement

Le Premier ministre met en avant les investissements publics et les grands chantiers en cours pour justifier la mobilisation accrue des ressources de l’État, dans un contexte de débat national sur la fiscalité.

Le Premier ministre mauritanien Mokhtar Ould Diay a publié ce samedi 14 mars un bilan provisoire de la mise en œuvre du programme régional d’accès aux services de base dans les régions de l’intérieur, mettant en avant l’ampleur des projets engagés par le gouvernement dans plusieurs secteurs clés du développement.

Quatre mois après le lancement du programme présidentiel « Mes ambitions pour la Nation » depuis la ville de Néma, par le président de la République Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, l’exécutif affirme que les travaux avancent dans ce qu’il présente comme « le plus grand programme d’accès aux services de base de l’histoire du pays ».

Selon le chef du gouvernement, ce programme comprend notamment la construction de 3 174 salles de classe, la construction ou réhabilitation de 156 structures sanitaires, la réalisation de 551 infrastructures hydrauliques, ainsi que l’électrification de 477 villages et localités. Il prévoit également la construction de 44 barrages agricoles, 222 infrastructures pour l’élevage, le désenclavement de 55 zones et la réalisation de 51 infrastructures sportives.

Au total, 2 609 chantiers seraient actuellement en cours dans l’ensemble des communes de onze régions de l’intérieur, dans le cadre de ce programme.

Le Premier ministre a également évoqué les progrès réalisés dans d’autres projets structurants, notamment la première phase du programme de développement de Nouakchott, qui comprend la construction de plus de 1 000 salles de classe, 28 centres de santé et 136 kilomètres de routes urbaines, ainsi que l’extension des réseaux électriques et hydrauliques.

Le gouvernement met aussi en avant plusieurs projets stratégiques liés à l’eau, à l’énergie et aux infrastructures, dont l’approvisionnement en eau de Nouadhibou et de Kiffa, la construction d’une centrale électrique de 72 mégawatts, une centrale hybride solaire-éolienne de 220 mégawatts, ainsi que la réhabilitation de la Route de l’Espoir, axe routier majeur reliant plusieurs régions du pays.

Dans son message, Mokhtar Ould Diay souligne également les réformes engagées par l’exécutif, notamment la mise en place d’un système de classification des entreprises nationales pour leur permettre de participer équitablement aux marchés publics, la numérisation des services administratifs afin de lutter contre la corruption, ainsi que le lancement du plus important recrutement dans la fonction publique accompagné d’augmentations salariales dans certains secteurs.

Le chef du gouvernement affirme par ailleurs que ces projets sont financés par les ressources propres de l’État et réalisés grâce aux compétences nationales.

Insistant sur la philosophie du programme présidentiel, il explique que la stratégie repose sur deux axes : la mise en œuvre de projets structurants pour soutenir la transformation économique du pays et une politique de discrimination positive en faveur des régions et des populations les plus défavorisées afin de réduire les inégalités territoriales.

Dans un contexte marqué par les débats autour de nouvelles mesures fiscales, le Premier ministre a rappelé que la construction d’un État « juste et en développement » passe par le respect de la loi, la mobilisation des ressources publiques et la lutte contre la corruption et le gaspillage.

Reconnaissant que cette voie peut être « difficile et exigeante », il estime toutefois qu’elle constitue la seule capable de conduire à un développement durable et à davantage de justice sociale.

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