Francisco Avelino Vieira de Carvalho, nouveau Premier ministre désigné du Cap-Vert.©️DR
Les résultats définitifs des élections législatives confirment la victoire du Parti africain pour l’indépendance du Cap-Vert (PAICV), qui met fin à une décennie de gouvernance du Mouvement pour la démocratie (MpD). Une alternance pacifique qui renforce l’image du Cap-Vert comme l’une des démocraties les plus stables du continent africain.
Le paysage politique cap-verdien s’apprête à connaître un nouveau tournant. La Commission électorale nationale a publié, le 29 mai 2026, les résultats définitifs des élections législatives organisées le 17 mai, confirmant la victoire du Parti africain pour l’indépendance du Cap-Vert (PAICV).
Avec 37 sièges sur les 72 que compte l’Assemblée nationale, le principal parti d’opposition obtient la majorité parlementaire et met un terme à dix années de pouvoir du Mouvement pour la démocratie (MpD), dirigé par le Premier ministre sortant, Ulisses Correia e Silva.
Cette victoire ouvre la voie à la nomination de Francisco Carvalho au poste de Premier ministre. Le dirigeant du PAICV devrait être chargé de former le prochain gouvernement, marquant ainsi le retour de son parti aux commandes du pays.
Une alternance sans tension
Dans une région ouest-africaine souvent marquée par des crises institutionnelles, des contestations électorales ou des transitions politiques difficiles, le Cap-Vert confirme une nouvelle fois sa singularité.
L’alternance entre les principales forces politiques du pays s’est déroulée dans un climat apaisé, sans violence ni remise en cause du processus électoral. Depuis l’instauration du multipartisme en 1991, l’archipel a bâti une tradition démocratique fondée sur le respect du verdict des urnes, la stabilité des institutions et la régularité des scrutins.
Le scrutin de mai 2026 vient ainsi renforcer la réputation du Cap-Vert comme l’un des exemples les plus solides de gouvernance démocratique en Afrique.
Un modèle démocratique africain
Souvent cité parmi les références du continent en matière de démocratie, le Cap-Vert se distingue par la tenue régulière d’élections libres et transparentes, une presse relativement indépendante, un respect de l’État de droit et une alternance politique institutionnalisée.
Contrairement à plusieurs pays de la sous-région confrontés à des coups d’État ou à des débats récurrents sur les limitations de mandat, l’archipel poursuit son évolution politique dans un cadre institutionnel stable et consensuel.
Cette nouvelle alternance pacifique constitue un signal fort pour l’Afrique de l’Ouest, démontrant qu’une compétition politique ouverte peut se dérouler dans le respect des règles démocratiques et de la volonté populaire.
Prochaine étape : la présidentielle de novembre
L’attention se tourne désormais vers l’élection présidentielle prévue en novembre 2026. Le président sortant, José Maria Neves, soutenu par le PAICV, devrait briguer un second mandat.
Ce rendez-vous électoral constituera un nouveau test pour la démocratie cap-verdienne, déjà saluée pour sa stabilité et sa capacité à assurer des transitions politiques pacifiques depuis plus de trois décennies.