Lors d’une conférence à Dakar consacrée à la souveraineté africaine, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a vivement critiqué le président américain Donald Trump, accusé de porter une responsabilité dans les déséquilibres géopolitiques mondiaux. Une sortie au ton ferme qui s’inscrit dans un contexte international tendu.
À l’occasion d’une rencontre organisée jeudi 9 avril à Dakar autour des enjeux d’autonomie stratégique du continent africain, Ousmane Sonko a livré une charge sans détour contre la politique étrangère américaine, ciblant directement Donald Trump.
« Trump n’est pas un homme de paix, c’est un homme de déstabilisation du monde », a-t-il déclaré, dans une prise de position qui tranche par sa fermeté à l’égard d’un dirigeant occidental.
Dans son intervention, le chef du gouvernement sénégalais a élargi son propos à une dénonciation plus globale des contradictions qu’il attribue aux puissances occidentales. Il a notamment pointé du doigt un décalage entre les discours officiels sur le respect du droit international et certaines pratiques sur le terrain.
Selon lui, condamner publiquement des violations tout en soutenant indirectement des opérations militaires traduit une incohérence politique majeure. Il a également critiqué les lectures morales imposées par l’Occident dans la gestion des crises internationales, évoquant notamment les dynamiques de changement de régime dans plusieurs pays.
Cette déclaration intervient dans un climat international marqué par de fortes tensions, notamment au Moyen-Orient, avec des affrontements récents impliquant l’Iran et ses alliés, ainsi qu’un cessez-le-feu fragile dans la zone stratégique du détroit d’Ormuz.
Ousmane Sonko a, dans ce cadre, rappelé plusieurs interventions militaires américaines passées, du Vietnam à l’Irak, en passant par l’Afghanistan ou encore la Libye, qu’il considère comme autant d’exemples illustrant une politique extérieure déstabilisatrice.
Au-delà de la critique, le Premier ministre sénégalais a inscrit son discours dans une réflexion plus large sur la nécessité pour les pays africains de renforcer leur autonomie stratégique et leur capacité d’analyse indépendante des rapports de force internationaux.
Aux côtés du géopolitologue Pascal Boniface, il a plaidé pour un repositionnement du continent sur la scène mondiale, fondé sur le patriotisme économique, la souveraineté politique et une lecture africaine des enjeux globaux.
Cette sortie médiatique, largement commentée, confirme la volonté des nouvelles autorités sénégalaises de porter une voix plus affirmée sur les grandes questions internationales, quitte à bousculer les équilibres diplomatiques traditionnels.