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Politique

Yoweri Kaguta Museveni, président ougandais.©️DR

Ouganda : Yoweri Museveni réélu pour un septième mandat présidentiel

Au pouvoir depuis près de quatre décennies, le président ougandais Yoweri Museveni a été officiellement déclaré vainqueur de l’élection présidentielle du 15 janvier 2026. Une victoire écrasante sur fond de contestations, de restrictions numériques et de fortes tensions politiques, qui relance le débat sur l’avenir démocratique du pays.

Le président ougandais Yoweri Museveni, 81 ans, a été réélu pour un septième mandat à la tête de l’Ouganda, selon les résultats définitifs proclamés ce samedi 17 janvier par la Commission électorale nationale. Le chef de l’État sortant obtient 71,65 % des suffrages, loin devant son principal adversaire, Bobi Wine (Robert Kyagulanyi), crédité de 24,72 % des voix.

Le scrutin présidentiel, organisé le 15 janvier 2026, s’est déroulé en un seul tour, conformément à la Constitution ougandaise. La Commission électorale a salué une participation jugée significative, malgré plusieurs incidents logistiques, notamment des pannes de kits biométriques signalées dans certains bureaux de vote.

Sans surprise, l’annonce des résultats a été vigoureusement contestée par l’opposition, à commencer par Bobi Wine, figure emblématique de la contestation et leader du parti National Unity Platform (NUP). Comme lors des scrutins précédents, l’opposant dénonce un processus électoral entaché d’irrégularités, évoquant des fraudes, des intimidations et un climat d’inégalité manifeste entre les candidats.

Yoweri Museveni, arrivé au pouvoir en 1986 à la suite d’une insurrection armée, continue de bénéficier d’un contrôle solide des institutions politiques, sécuritaires et administratives. Sa longévité politique a été rendue possible par des révisions constitutionnelles majeures, notamment la suppression de la limitation du nombre de mandats en 2005 et de la limite d’âge présidentielle en 2017.

L’élection s’est tenue dans un climat politique tendu, marqué par des restrictions sévères des libertés publiques, une forte présence sécuritaire et une coupure nationale d’Internet décidée par les autorités à la veille du scrutin.

Dès le 13 janvier 2026, le gouvernement a ordonné la suspension de l’accès public à Internet sur l’ensemble du territoire, officiellement pour lutter contre la désinformation, prévenir les violences et garantir la sécurité électorale. Une mesure largement critiquée par l’opposition, la société civile et plusieurs organisations internationales de défense des droits humains.

Cette coupure n’est pas une première en Ouganda. En 2021, une mesure similaire avait déjà été appliquée lors de l’élection présidentielle, suscitant de vives accusations de manipulation du processus électoral. Fin décembre 2025, les autorités avaient également restreint l’usage de certains services satellitaires, dont Starlink, afin d’empêcher tout contournement des limitations numériques.

La communauté internationale suit de près l’évolution de la situation en Ouganda, pays stratégique de l’Afrique de l’Est. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a exprimé ses préoccupations face à ce qu’il qualifie de climat de répression généralisée, rappelant que la liberté d’expression et l’accès à l’information sont des piliers essentiels d’un scrutin crédible.

Si le pouvoir en place affirme vouloir préserver la stabilité du pays, des manifestations de l’opposition restent possibles, comme lors des précédentes élections, faisant planer le risque de nouvelles tensions post-électorales.

Avec ce septième mandat, Yoweri Museveni consolide un règne historique, mais au prix d’un débat démocratique de plus en plus polarisé, qui interroge l’avenir politique et institutionnel de l’Ouganda.
 

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