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Politique

Denis Sassou-Nguesso.©️Image/ Présidence congolaise

Congo-Brazzaville : Denis Sassou-Nguesso se lance pour un cinquième mandat présidentiel

À 82 ans, le chef de l’État congolais annonce sa volonté de briguer un nouveau mandat, dans un contexte politique marqué par les appels à la stabilité de ses soutiens et les revendications d’alternance portées par l’opposition et la société civile.

Le président de la République du Congo, Denis Sassou-Nguesso, a officiellement annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de mars 2026, mettant fin à plusieurs semaines de spéculations sur ses intentions politiques. L’annonce a été faite le 5 février 2026 à Ignié, dans le département du Djoué-Léfini, en marge de l’ouverture de la Grande foire agricole du Congo.

Cette déclaration intervient quelques semaines après son investiture officielle par le Parti congolais du travail (PCT), à l’issue de son sixième congrès ordinaire tenu en décembre 2025, confirmant ainsi le choix du parti au pouvoir de reconduire son candidat historique pour un nouveau scrutin présidentiel.

Selon les autorités, l’élection présidentielle se tiendra le dimanche 15 mars, avec un vote anticipé des forces publiques programmé le 12 mars 2026. La Constitution en vigueur, issue de la révision de 2015, autorise Denis Sassou-Nguesso à se présenter à nouveau, malgré son âge avancé. Le président sortant, âgé de 82 ans, se positionne ainsi pour briguer un cinquième mandat présidentiel.

L’annonce de sa candidature a rapidement suscité des réactions favorables au sein de la majorité présidentielle et de plusieurs organisations de la société civile. Des partis alliés ainsi que des associations, à l’image de l’Union nationale des associations des personnes handicapées du Congo (Unhaco), ont appelé à soutenir sa candidature, mettant en avant les impératifs de stabilité institutionnelle, de continuité de l’action publique et de cohésion nationale.

À l’inverse, cette décision a ravivé les critiques de l’opposition politique et de certaines organisations de la société civile, qui dénoncent la longévité du pouvoir en place et appellent à une alternance démocratique. Ces acteurs estiment qu’après plus de quatre décennies d’influence politique, le Congo-Brazzaville devrait s’engager dans un renouvellement de sa gouvernance.

Figure centrale de la vie politique congolaise, Denis Sassou-Nguesso dirige le pays depuis 1997, après un premier passage à la tête de l’État entre 1979 et 1992. Il accède initialement au pouvoir le 8 février 1979, en tant que colonel et chef du Parti congolais du travail, succédant à Joachim Yhombi-Opango, dans un contexte marqué par l’héritage politique du président Marien Ngouabi.

Après sa défaite électorale face à Pascal Lissouba en 1992, il s’exile brièvement en France avant de revenir au pouvoir le 15 octobre 1997, à l’issue d’une guerre civile de six mois. Investi officiellement le 25 octobre de la même année, il abolit la Constitution de 1992 et met en place un cadre institutionnel transitoire renforçant les prérogatives présidentielles. Depuis lors, il a été réélu en 2002, 2009 et 2016, consolidant son ancrage politique au sommet de l’État.

La présidentielle de mars 2026 s’annonce ainsi comme un rendez-vous décisif pour l’avenir politique du Congo-Brazzaville, opposant les partisans de la continuité institutionnelle à ceux qui plaident pour une rupture politique et générationnelle, dans un climat politique suivi de près tant au niveau national que régional.
 

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