Ahmed Salem Ould Bouhoubeini, avocat et ancien président de la Commission nationale des droits de l’homme en Mauritanie.©️DR
L’avocat mauritanien de renom Ahmed Salem Ould Bouhoubeini a officiellement refusé sa nomination comme conseiller à la Présidence de la République, décidée par décret présidentiel du 6 février 2026 portant nomination de chargés de mission et de conseillers. Une décision assumée, motivée par des considérations institutionnelles et personnelles, qui intervient alors que plusieurs personnalités ont été appelées à renforcer l’équipe présidentielle.
Nommé conseiller à la Présidence de la République dans le cadre du décret présidentiel du 6 février 2026 portant nomination de chargés de mission et de conseillers, Ahmed Salem Ould Bouhoubeini a choisi de décliner cette responsabilité.
Dans une déclaration rendue publique, l’ancien président de la Commission nationale des droits de l’homme a indiqué avoir rencontré le président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani afin de lui demander de ne pas signer le décret le concernant, invoquant le souci d’éviter toute gêne institutionnelle.
Cette décision intervient dans un contexte de réorganisation et de renforcement de l’équipe présidentielle, marqué par la nomination de plusieurs conseillers et chargés de mission appelés à accompagner l’action du chef de l’État.
Figure respectée du barreau mauritanien, Ahmed Salem Ould Bouhoubeini est un avocat spécialisé en droit des affaires, avec une expertise reconnue dans le secteur minier. Inscrit au Barreau de Paris, il a également exercé les fonctions de bâtonnier de l’Ordre national des avocats de Mauritanie entre 2008 et 2014. Il est par ailleurs président d’honneur de la Conférence internationale des Barreaux, témoignant de son rayonnement au-delà des frontières nationales.
Sur le plan institutionnel, il a dirigé la Commission nationale des droits de l’homme jusqu’en 2024, période durant laquelle il a supervisé des visites de lieux de détention, conduit des programmes de formation et contribué à la consolidation des partenariats internationaux en matière de droits humains.
Selon ses propres explications, la proposition de nomination comme conseiller n’est pas la première qu’il a choisie de décliner. À l’issue de son mandat à la tête de la CNDH, le chef de l’État lui aurait proposé de poursuivre sa mission après ajustements juridiques nécessaires. Il aurait également décliné cette option, préférant, selon ses termes, « respecter l’esprit des règles institutionnelles ».
Toujours selon sa déclaration, une proposition de nomination à un poste d’ambassadeur dans un pays occidental lui aurait été faite par la suite. Là encore, il aurait opposé un refus, motivé par la conviction de ne vouloir assumer une responsabilité que dans une fonction lui offrant une marge d’action suffisante pour apporter une contribution concrète.
Ahmed Salem Ould Bouhoubeini affirme que sa position a été comprise par le président de la République, qui aurait exprimé son respect pour cette démarche. L’intéressé souligne avoir entretenu des échanges réguliers avec le chef de l’État durant son mandat à la CNDH, saluant son style de gestion des affaires publiques et son attachement à l’intérêt national.
En refusant sa nomination aux côtés d’autres personnalités appelées à intégrer l’appareil présidentiel, l’avocat mauritanien marque ainsi sa volonté de préserver une cohérence personnelle et institutionnelle, privilégiant des responsabilités dans lesquelles il estime pouvoir exercer un impact direct et mesurable.