La Commission nationale électorale pointe des difficultés techniques majeures après le coup d’État, tandis que la communauté internationale appelle au respect du processus démocratique.
La Commission nationale électorale (CNE) de Guinée-Bissau a annoncé, le 2 décembre 2025, son incapacité à publier les résultats de la présidentielle et des législatives du 23 novembre, suite au coup d’État survenu le 26 novembre, qui a porté le général Horta N’Tam au pouvoir, rapporte l’Agence de Presse Africaine (APA).
Selon la CNE, cette incapacité est liée à l’absence ou à la confiscation de procès-verbaux essentiels, ainsi qu’à la destruction ou la saisie de matériel électoral. La commission souligne que, sans l’ensemble des données du scrutin, il lui est techniquement impossible de finaliser la proclamation des résultats et de garantir leur exactitude. La CNE devait initialement publier les résultats provisoires le 27 novembre, avant que le processus ne soit interrompu.
Cette situation alerte la communauté internationale. Leonardo Santos Simão, représentant du secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, a indiqué que les autorités militaires n’avaient pris aucun engagement ferme concernant la libération des détenus politiques et que la CNE ne disposait pas de toutes les informations nécessaires pour finaliser le processus électoral.
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), dirigée par le président sierra-léonais Julius Maada Bio, a rencontré les autorités militaires pour discuter de la restauration de l’ordre constitutionnel et de la publication des résultats. Toutefois, aucune garantie concrète n’a été donnée sur les échéances et le sort des détenus politiques. La mission de la Cédéao se limite à la collecte d’informations et à la médiation, son rapport devant être présenté lors de la prochaine conférence des chefs d’État et de gouvernement, prévue le 14 décembre.
Le ministre bissau-guinéen des Affaires étrangères, João Bernardo Vieira, a assuré que les données seraient disponibles et que les décisions concernant les détenus seraient communiquées au cas par cas. Néanmoins, des figures politiques, dont Fernando Dias da Costa, restent réfugiées dans des ambassades, tandis que son principal soutien, Domingos Simoes Pereira, est toujours détenu.