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Gouvernance

Sénégal : 81 ans après, la 2ᵉ commémoration officielle de Thiaroye

Pour la 2ᵉ édition de la commémoration officielle, le Sénégal renforce sa politique de vérité historique et mobilise l’Afrique autour d’un hommage commun aux tirailleurs tombés à Thiaroye en 1944.

Le Sénégal a célébré, ce lundi 1ᵉʳ décembre, la commémoration du 81ᵉ anniversaire du massacre des Tirailleurs sénégalais de Thiaroye, un épisode longtemps occulté de l’histoire coloniale française. Placée sous le haut patronage du président Bassirou Diomaye Faye, cette 2ᵉ édition marque une étape majeure dans la volonté nationale de rétablir la vérité historique et de reconnaître officiellement les injustices subies par les soldats africains tombés en 1944.

Le président Faye, lors de son discours, a déclaré : « Le combat pour la mémoire de Thiaroye est un combat pour l’âme du Sénégal et pour l’âme de l’Afrique. Un combat pour que plus jamais un peuple ne soit nié dans son histoire, dans sa dignité et dans son droit même à exister librement. Pour ma part, je ne ménagerai aucun effort dans ce sens, afin que la mémoire de nos martyrs continue de vivre dans notre mémoire collective et celle des générations futures. »

Le 1ᵉʳ décembre 1944, entre 1 200 et 1 800 tirailleurs africains, vétérans de la Seconde Guerre mondiale, ont été tués dans le camp militaire de Thiaroye, en banlieue dakaroise, par les forces coloniales françaises. Ces soldats, originaires de 17 territoires africains, réclamaient le paiement de leurs soldes et indemnités après avoir combattu pour libérer l’Europe. La répression, menée par près de 1 200 hommes des troupes coloniales et de la gendarmerie, a donné lieu à l’un des épisodes les plus tragiques et les plus longtemps minimisés de l’histoire militaire africaine.

Après une première édition organisée en 2024, cette commémoration s’inscrit désormais dans une politique mémorielle structurée. Le gouvernement sénégalais, à travers un dossier de presse officiel, réaffirme sa volonté de réhabiliter cet événement et de l’inscrire durablement dans l’histoire nationale et panafricaine. Le président Bassirou Diomaye Faye a annoncé un ensemble de mesures fortes : l’érection d’un mémorial à Thiaroye, la création d’un centre de documentation et de recherche, le baptême de rues et de places publiques en hommage aux tirailleurs, l’intégration de cet épisode dans les programmes scolaires, ainsi que l’instauration d’une Journée du Tirailleur célébrée chaque 1ᵉʳ décembre.

Cette commémoration revêt une dimension profondément panafricaine. Bien que désignés sous le nom de « Tirailleurs sénégalais », les soldats tombés à Thiaroye étaient issus de plusieurs pays aujourd’hui indépendants, notamment le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, le Mali, le Niger, le Tchad, la Mauritanie ou encore Madagascar. L’édition de cette année a réuni plusieurs délégations étrangères, dont celle de la Mauritanie, représentée par son ministre de la Défense, Hanana Ould Sidi, témoignant de l’importance continentale de cet hommage.

Cette 2ᵉ édition de la commémoration du massacre de Thiaroye vise non seulement à honorer les victimes, mais aussi à rappeler la contribution majeure des soldats africains à la Seconde Guerre mondiale et les injustices qu’ils ont subies. Elle contribue à consolider, pour les générations futures, les bases d’une mémoire réconciliée, assumée et partagée, invitant l’Afrique à préserver et transmettre cette page essentielle de son histoire.

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