Le Fonds monétaire international (FMI) a validé un nouveau décaissement en faveur de la Mauritanie, portant l’appui financier total à près de 192 millions de dollars, tout en saluant la résilience de l’économie nationale et les progrès enregistrés dans la mise en œuvre des réformes macroéconomiques et structurelles.
Le Conseil d’administration du FMI a achevé, le 28 janvier 2026, la cinquième revue des programmes de la Mauritanie au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et de la Facilité élargie de financement (FEF), ainsi que la quatrième revue de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Cette décision autorise un décaissement immédiat de 65,88 millions de droits de tirage spéciaux (DTS), soit environ 91 millions de dollars, portant le total des appuis financiers cumulés à 191,8 millions de DTS, équivalant à près de 258 millions de dollars.
Sur ce montant, 6,44 millions de DTS relèvent des mécanismes FEC/FEF, approuvés en janvier 2023, tandis que 59,44 millions de DTS sont mobilisés au titre de la FRD, validée en décembre 2023. Ce soutien vise à renforcer les réserves de change, à consolider la stabilité macroéconomique et à accompagner les réformes structurelles engagées par les autorités mauritaniennes.
Selon le FMI, après une croissance robuste de 6,3 % en 2024, l’économie mauritanienne devrait connaître un ralentissement à 4,2 % en 2025, en raison du recul du secteur extractif, malgré la bonne performance des activités non extractives. À moyen terme, les perspectives demeurent toutefois favorables, portées par les investissements publics dans les infrastructures et par l’investissement privé.
Le FMI souligne que les performances du programme restent globalement sur la bonne trajectoire, avec le respect de l’ensemble des objectifs quantitatifs à fin juin 2025 et la mise en œuvre de la majorité des repères structurels. Les réformes soutenues par la FRD progressent également, bien qu’à un rythme jugé plus lent.
À l’issue de la réunion du Conseil d’administration, le Directeur général adjoint du FMI, Kenji Okamura, a salué la résilience de l’économie mauritanienne, estimant que celle-ci demeure soutenue par des politiques budgétaires et monétaires prudentes. Il a mis en avant l’importance de l’institutionnalisation de la règle budgétaire pour stabiliser la dette et protéger les dépenses publiques contre la volatilité des prix des matières premières.
L’institution recommande par ailleurs d’accélérer les réformes de gouvernance, notamment à travers l’opérationnalisation rapide de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption, ainsi que la mise en œuvre effective des lois relatives à la déclaration de patrimoine, aux entreprises publiques et à la zone franche de Nouadhibou, afin d’améliorer le climat des affaires.
Sur le plan climatique, le FMI appelle à une accélération de l’agenda de réformes, incluant l’introduction d’un mécanisme automatique de fixation des prix des carburants, accompagné de mesures sociales ciblées, afin de renforcer la résilience face au changement climatique et de dégager des marges budgétaires pour répondre aux besoins de développement.
Ce nouveau décaissement confirme la confiance renouvelée du FMI dans la trajectoire économique de la Mauritanie, tout en soulignant la nécessité de poursuivre les réformes pour soutenir une croissance durable, inclusive et diversifiée, en phase avec les ambitions de développement du pays.