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Finance

Dr Sidi Ould Tah, président de la BAD, lors de la cérémonie de prestation de serment, 1er septembre 2025 à Abidjan.©DR

Abidjan accueille le Dialogue consultatif de la BAD sur la Nouvelle Architecture Financière

Sous le haut patronage du président ivoirien Alassane Ouattara, le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) réunit, ce jeudi 9 avril 2026, les acteurs clés de l’écosystème financier africain pour une rencontre historique consacrée à la Nouvelle Architecture Financière Africaine (NAFA).

Cette initiative, pilotée par le président du Groupe BAD, Dr Sidi Ould Tah, vise à repenser la mobilisation et l’allocation du capital sur le continent, dans un contexte où l’Afrique fait face à un déficit annuel de financement du développement estimé à plus de 400 milliards de dollars. Bien que le continent dispose d’environ 4 000 milliards de dollars d’épargne domestique de long terme, la dispersion institutionnelle et la coordination insuffisante entre capitaux publics et privés limitent l’impact de ces ressources.

Une mobilisation inédite de l’écosystème financier africain

L’événement rassemble gouverneurs de banques centrales, dirigeants de fonds souverains, banques régionales et commerciales, institutions de financement du développement, autorités de régulation, bourses de valeurs et acteurs des marchés de capitaux. Sont également présentes agences de notation, fonds de pension, sociétés de capital-investissement et de capital-risque, compagnies d’assurance et cabinets de conseil. Cette diversité reflète le caractère systémique du défi : l’enjeu dépasse les politiques publiques pour englober l’ensemble de la chaîne financière africaine.

Vers un cadre opérationnel et concret

La NAFA s’inscrit dans la vision stratégique des « quatre points cardinaux » du Dr Sidi Ould Tah et vise à structurer une architecture financière cohérente capable de :
– optimiser l’effet de levier des institutions financières africaines,
– canaliser efficacement l’épargne domestique vers des projets productifs,
— Harmoniser la gestion des risques à l’échelle continentale.

Le dialogue d’Abidjan marque le passage de la phase de consultation à la mise en œuvre, en s’appuyant sur les travaux initiés depuis octobre 2025. Les échanges seront organisés autour de neuf labs thématiques, regroupés selon trois axes : architecture du système, mobilisation du capital et déploiement du capital. Chaque groupe de travail produira des instruments financiers, plateformes ou cadres opérationnels concrets, ouvrant la voie à l’adoption du futur « Consensus d’Abidjan ».

Un tournant stratégique pour le financement africain

Pour la première fois, l’écosystème financier africain se réunit sous une architecture unique et coordonnée, jetant les bases d’un financement du développement plus efficace et ancré dans les ressources et institutions africaines. Dans un contexte de besoins croissants en infrastructures, d'industrialisation et de transition énergétique, la réussite de cette initiative pourrait représenter un tournant historique pour le continent.
 

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