Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, lors d’un entretien avec Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international, à Dakar. ©️DR/Archives
Selon des sources citées par Reuters et Bloomberg, le Sénégal a mobilisé les ressources nécessaires pour faire face à une échéance obligataire majeure prévue en mars 2026. Malgré un contexte de dette élevée et la suspension du programme du FMI, les autorités misent sur des recettes fiscales robustes et le marché régional pour rassurer les investisseurs.
Dakar confirme sa capacité à honorer ses engagements financiers internationaux. D’après des sources proches du dossier citées par Reuters et Bloomberg, le Sénégal a obtenu les fonds nécessaires pour couvrir les paiements d’Eurobonds dus en mars 2026.
Les obligations concernées s’élèvent à environ 485 millions de dollars, incluant le remboursement du principal ainsi que les coupons. Cette échéance représente un test important pour la crédibilité financière du pays sur les marchés internationaux. Selon les informations relayées, les autorités s’attendent à effectuer le paiement dans les délais, évitant ainsi tout risque de défaut qui aurait pu fragiliser davantage la signature souveraine du pays.
Le financement de cette opération repose principalement sur deux leviers : des recettes fiscales élevées au premier trimestre, tirées notamment de l’impôt sur les sociétés, de l’impôt sur le revenu, de la TVA et des taxes sur les dividendes et des levées de fonds sur le marché régional de l’UEMOA, où le Sénégal a déjà mobilisé 510 milliards de FCFA (environ 922 millions de dollars) depuis le début de l’année. Cette stratégie permet à Dakar de couvrir largement ses besoins immédiats de financement, tout en évitant, à court terme, un recours direct aux marchés internationaux.
Cette opération intervient dans un environnement économique particulièrement sensible. La dette publique du Sénégal a atteint 132 % du PIB à la fin de 2024, selon les estimations du Fonds monétaire international, après la découverte de plusieurs milliards de dollars d’emprunts non déclarés par l’administration précédente. Face à cette situation, le FMI a suspendu un programme de prêt de 1,8 milliard de dollars, obligeant le gouvernement à réorienter sa stratégie vers des émissions de dette à court terme sur le marché régional.
Des discussions sont toutefois en cours entre Dakar et l’institution de Bretton Woods en vue de la mise en place d’un nouveau programme d’appui.