La Mauritanie bénéficie de nouveaux financements de l’Union européenne et de la France destinés à soutenir plusieurs secteurs stratégiques. D’un montant global supérieur à 48 millions d’euros, ces engagements concernent notamment la santé, la protection sociale, l’adaptation aux changements climatiques, l’accès à la justice et le développement des zones frontalières
Le ministre des Affaires économiques et du Développement, Dr Abdallah Ould Souleymane Ould Cheikh Sidia, a procédé vendredi 12 juin à Nouakchott à la signature de plusieurs accords de coopération avec les partenaires européens de la Mauritanie.
Avec l’Union européenne, deux conventions de subvention d’un montant total de 40 millions d’euros ont été signées avec le chef de la délégation de l’UE en Mauritanie, Joaquín Tasso Vilallonga. Le premier accord porte sur le projet « Frontières Sud », doté de 25 millions d’euros, destiné à renforcer la stabilité, la résilience et la prospérité des populations vivant dans les zones frontalières méridionales du pays.
Le second concerne le quatrième Programme d’appui au secteur de la santé (PAS4), financé à hauteur de 15 millions d’euros, afin de renforcer le développement humain et de garantir un accès durable à des services de santé de qualité, notamment au profit des femmes et des filles les plus vulnérables.
À cette occasion, le ministre des Affaires économiques et du Développement a affirmé que ces accords « s’inscrivent pleinement dans les priorités nationales en matière de développement et de stabilité », rappelant qu’ils participent à la mise en œuvre du programme du Président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, exécuté par le gouvernement du Premier ministre Mokhtar Ould Diay.
Le chef de la délégation de l’Union européenne a, pour sa part, souligné que ces programmes constituent « des axes prioritaires du développement inclusif et de la stabilité en Mauritanie », rappelant que l’UE accompagne la réforme du système de santé mauritanien depuis 2017. Il a également insisté sur le fait que « l’accès à des services de santé de qualité constitue un droit fondamental et un pilier du développement humain ».
Un appui français ciblé sur le climat, la justice et les populations vulnérables
Dans la même dynamique, trois nouveaux accords de coopération ont été conclus entre la Mauritanie et la France en présence de la ministre de l’Environnement et du Développement durable, Messouda Baham, de la commissaire à la Sécurité alimentaire, Fatimetou Mint Khattry, ainsi que de l’ambassadeur de France en Mauritanie, Emmanuel Besnier, et du directeur de l’Agence française de développement (AFD), Ignace Monkam-Daverat.
Le premier accord vise à accompagner la Mauritanie dans la mise en œuvre de ses engagements climatiques à travers l’élaboration d’une stratégie nationale d’adaptation aux changements climatiques et la mobilisation de financements verts, conformément aux objectifs de l’Accord de Paris et de l’Objectif de développement durable relatif à l’action climatique.
Le deuxième accord concerne le projet « Aman », financé par une subvention d’un million d’euros, destiné à faciliter l’accès à la justice et à renforcer les mécanismes de règlement des différends au profit des populations, notamment des femmes du Hodh Echarghi confrontées à un contexte marqué par l’afflux de personnes déplacées.
Le troisième accord prend la forme d’un financement additionnel de 7,2 millions d’euros destiné à soutenir la Stratégie nationale de protection sociale adaptative aux chocs. Cette enveloppe permettra de renforcer les programmes de transferts monétaires et les mécanismes de réponse aux crises climatiques au profit d’environ 100 000 ménages vulnérables.
Lors de la cérémonie, Dr Abdallah Ould Souleymane Ould Cheikh Sidia a souligné que ces accords s’inscrivent dans le cadre du partenariat privilégié entre Nouakchott et Paris et prolongent les acquis de la visite d’État effectuée en France par le Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani en avril dernier. Selon lui, ces engagements traduisent la volonté des autorités de « placer le citoyen mauritanien au cœur et à la finalité des politiques publiques ».
De son côté, l’ambassadeur de France, Emmanuel Besnier, a déclaré que ces accords témoignent de « l’engagement constant de la France à accompagner la Mauritanie et à renforcer sa résilience face aux défis climatiques, alimentaires et sociaux ». Il a ajouté que les trois projets « se complètent mutuellement pour répondre à des crises interconnectées », illustrant l’esprit de solidarité et de coopération entre les deux pays.
À travers ces nouveaux financements, l’Union européenne et la France réaffirment leur soutien aux priorités de développement de la Mauritanie, avec un accent particulier sur la santé, la protection sociale, la résilience climatique, la gouvernance et le développement des territoires, dans un contexte marqué par d’importants défis économiques, sociaux et environnementaux.