L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a été secouée ce lundi 9 février 2026 par de violents affrontements entre étudiants et forces de l’ordre, dans un climat de forte crispation sociale lié à une grève étudiante entamée depuis plusieurs jours.
La situation s’est dégradée sur le campus de l’UCAD alors que les étudiants poursuivent une grève lancée le 6 février pour protester contre la réforme du système des bourses d’études et la fermeture temporaire des restaurants universitaires. Une mesure perçue comme aggravant la précarité alimentaire des étudiants, notamment en pleine période d’examens.
Malgré l’annonce de la réouverture des restaurants universitaires ce lundi, les manifestations ne se sont pas apaisées. Des groupes d’étudiants ont maintenu la mobilisation, érigeant des barricades et procédant à des jets de projectiles, notamment sur la Corniche Ouest, entraînant une intervention musclée des forces de défense et de sécurité. Des gaz lacrymogènes ont été utilisés pour disperser les manifestants, y compris à l’intérieur du campus et à proximité des résidences universitaires, selon plusieurs témoignages.
C’est dans ce contexte de tensions extrêmes qu’est survenu le décès d’Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année (L2) à la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odonto-Stomatologie (FMPO). La mort du jeune étudiant, annoncée ce lundi, a provoqué une vive émotion au sein de la communauté universitaire. Les circonstances exactes du drame restent, à ce stade, à être officiellement établies par les autorités compétentes.
L’intervention répétée des forces de l’ordre, malgré les appels à l’apaisement, illustre la persistance d’un climat de méfiance entre étudiants et autorités. Ces événements rappellent des épisodes similaires survenus en décembre 2025 et au début du mois de février 2026, également liés aux revendications sur les bourses, la restauration universitaire et, plus largement, les conditions de vie sur le campus.
Face à cette escalade, plusieurs acteurs de la société civile et du monde universitaire appellent à un dialogue urgent et inclusif afin d’éviter de nouveaux drames. À l’UCAD, symbole historique du savoir et du débat intellectuel en Afrique de l’Ouest, la crise actuelle met en lumière la fragilité du climat social étudiant et la nécessité de réponses durables aux revendications structurelles du milieu universitaire.