Le syndicat national des étudiants de Mauritanie menace de boycott des cours si les conditions d’accueil, de bourses et d’encadrement ne sont pas rapidement améliorées.
Le Syndicat National des Étudiants de Mauritanie (SNEM) a publié ce mercredi 19 novembre un communiqué virulent, dénonçant des conditions jugées « inacceptables » pour les étudiants de l’Université de Nouakchott et appelant les autorités à prendre des mesures immédiates. Le syndicat menace de passer à la vitesse supérieure, y compris par le boycott des cours, si les problèmes persistants ne sont pas résolus.
Selon le communiqué, plusieurs difficultés majeures affectent la vie étudiante : retard des versements de bourses, logements universitaires non disponibles, restaurant fermé, climat discriminatoire et gestion jugée opaque et bureaucratique. Le SNEM déplore que ces manquements perdurent depuis des années, entraînant un recul de l’enseignement supérieur en Mauritanie par rapport à d’autres pays de la région.
Le député Khally Diallo, qui s’est rendu sur les campus ce mercredi 19 novembre 2025, a corroboré les constats du syndicat et souligné plusieurs points critiques :
1. Bourses à l’étranger suspendues depuis plus de deux ans, pénalisant de nombreux étudiants et contrastant avec les pratiques d’autres pays africains comparables.
2. Absence de dialogue entre le ministère et les syndicats étudiants, malgré des demandes répétées d’audiences.
3. Conditions critiques à l’Université de Nouakchott : bus universitaires insuffisants, restaurant et campus fermés, dysfonctionnements des plateformes d’inscription et encadrement pédagogique limité.
4. Procédures d’inscription contraignantes, imposant des engagements aux étudiants avant même leur inscription.
5. Interventions policières sur le campus l’an dernier, avec des arrestations et des violences signalées.
6. Expression étudiante limitée, la page officielle du ministère ayant désactivé les commentaires face aux critiques des étudiants et citoyens.
Dans son intervention, le député a insisté sur le caractère urgent et documenté des problèmes et a appelé le ministère à agir rapidement pour garantir des conditions d’étude dignes et conformes aux ambitions du pays.
Le SNEM et les représentants parlementaires rappellent que les difficultés actuelles compromettent non seulement le quotidien des étudiants, mais aussi l’avenir de l’enseignement supérieur mauritanien.