L’arrivée à Forécariah des deux premiers navires du projet Simandou consacre la concrétisation d’un chantier historique, annonçant le début des exportations de minerai de fer et la mise en marche du programme “Simandou 2040”, pilier du développement socioéconomique de la Guinée.
Le port en eau profonde de Morébaya, dans la préfecture de Forécariah, a accueilli dimanche 2 novembre 2025 les deux premiers navires destinés au transport du minerai de fer issu du projet Simandou. La cérémonie, présidée par Djiba Diakité, ministre directeur de cabinet du président de la République et président du Comité stratégique de Simandou, s’est déroulée en présence du ministre secrétaire général de la Présidence, le général Amara Camara, ainsi que de plusieurs membres du gouvernement et partenaires industriels.
Les deux navires, baptisés “Köma” et “Sanfina”, symbolisent l’achèvement du dispositif logistique du projet : un corridor minier-ferroviaire de 650 km reliant les zones d’extraction du sud-est guinéen au port de Morébaya. Ce jalon ouvre la voie à l’expédition du minerai de fer avant la fin de l’année 2025, marquant une avancée majeure dans l’histoire industrielle du pays.
Le projet Simandou réunit plusieurs partenaires stratégiques : Rio Tinto/Simfer, Winning Consortium Simandou (WCS) et Baowu Resources, qui ont salué la “coopération exemplaire” entre l’État guinéen et les acteurs privés.
Selon Bouna Sylla, ministre des Mines, les premiers chargements interviendront “dans les prochains jours”, confirmant ainsi la volonté du gouvernement de faire de la Guinée un acteur incontournable du marché mondial du fer. Le pays dispose en effet de l’un des plus grands gisements de minerai de fer à haute teneur au monde, dont l’exploitation devrait générer des revenus considérables et transformer la structure économique nationale.
Quelques jours avant cette cérémonie historique, le président de la transition, le général Mamadi Doumbouya, a reçu au Palais Mohammed V le programme “Simandou 2040”, un plan directeur de développement socioéconomique durable évalué à plus de 200 milliards de dollars sur quinze ans.
Ce programme, élaboré avec l’appui de KPMG, SouthBridge et Rothschild & Co, ambitionne de faire de la Guinée un hub industriel et énergétique de l’Afrique de l’Ouest, en substituant à l’ancien Programme de Référence Intérimaire (PRI) une feuille de route ambitieuse et structurante.
Pour Djiba Diakité, “Simandou 2040 n’est pas seulement un programme de développement, mais une boussole stratégique qui incarne la volonté du Chef de l’État de placer la Guinée sur la voie de la souveraineté économique et de la prospérité partagée.”
Ce plan s’articule autour de plusieurs axes majeurs :
– Industrialisation et transformation locale des ressources minières
– Construction d’infrastructures stratégiques : rail transguinéen, port de Morébaya, routes nationales
– Transition énergétique par les énergies renouvelables
– Modernisation agricole et sécurité alimentaire
– Développement du capital humain : éducation, santé, formation professionnelle
– Création d’un fonds souverain pour une gestion transparente et pérenne des revenus miniers.
Avec le double événement – la réception des premiers navires et la mise en œuvre du plan “Simandou 2040” – la Guinée entre dans une nouvelle ère de son histoire économique. Ce méga-projet, estimé à 20 milliards de dollars pour sa seule phase minière, devrait contribuer à accroître le PIB national de plus de 25 % d’ici 2030, selon les estimations des experts.