Doté d’un financement colossal de 200 milliards de dollars, Simandou 2040 ambitionne de transformer la Guinée en puissance industrielle régionale.
Le président de la transition, le général Mamadi Doumbouya, a reçu mardi 28 octobre au Palais Mohammed V le document du Programme de développement socioéconomique durable et responsable « Simandou 2040 ». Évalué à plus de 200 milliards de dollars sur une période de quinze ans, ce plan ambitieux vise à faire de la Guinée un hub industriel et énergétique de l’Afrique de l’Ouest, tout en remplaçant l’ancien Programme de Référence Intérimaire (PRI).
Conçu à la veille du démarrage des premières exportations de minerai de fer issues du méga-projet de Simandou, ce programme marque une étape décisive pour la transformation structurelle du pays. Le document de 348 pages, élaboré avec l’appui des cabinets KPMG, SouthBridge et Rothschild & Co, a été remis au chef de l’État par Djiba Diakité, ministre directeur de cabinet et président du Comité stratégique de Simandou.
Selon Djiba Diakité, « la modernisation de l’administration constitue un levier indispensable à la réussite du Programme Simandou 2040 et à la pérennité des résultats escomptés. » Il a précisé que « le Programme Simandou 2040 se positionne comme un levier vital de transformation structurelle, porté par une vision de souveraineté, de prospérité partagée et de résilience, au service du développement durable et du bien-être de l’ensemble des populations guinéennes. »
Le programme décline les grandes priorités du développement national autour de plusieurs axes majeurs : l’industrialisation et la transformation locale à travers la valorisation des ressources minières, la construction du chemin de fer transguinéen et du port en eau profonde de Morebaya, la modernisation des routes nationales, la transition énergétique par la promotion des énergies renouvelables, la modernisation agricole et la sécurité alimentaire, ainsi que le développement du capital humain par l’éducation, la santé et la formation professionnelle.
À travers ce programme, le gouvernement guinéen entend poser les bases d’un modèle de croissance durable fondé sur la diversification économique, la transparence et la création de valeur nationale. Une cellule de coordination, rattachée à la Présidence, sera chargée du suivi et du contrôle de la mise en œuvre du plan. Simandou 2040 prévoit également la création d’un fonds souverain destiné à garantir une meilleure gestion des revenus miniers et à renforcer la gouvernance économique du pays.
« Longtemps perçu comme un simple réservoir de ressources minières, notre pays s’impose désormais comme une destination stratégique de coopération multidimensionnelle, portée par une vision audacieuse », indique un communiqué de la Présidence.
Avec un potentiel d’investissement estimé à 200 milliards de dollars, dont près de 70 % issus du secteur privé, la Guinée espère franchir un cap historique. Le pays ambitionne de devenir un acteur industriel majeur en Afrique de l’Ouest, en s’appuyant sur ses ressources naturelles, sa position géographique stratégique et sa jeunesse dynamique.
Pour Djiba Diakité, « Simandou 2040 n’est pas seulement un programme de développement, mais une boussole stratégique qui incarne la volonté du Chef de l’État de placer la Guinée sur la voie de la souveraineté économique et de la prospérité partagée ».