Dans un long message publié ce samedi 4 octobre sur sa page Facebook, le député mauritanien Khally Diallo a livré un réquisitoire virulent contre le système politique et institutionnel du pays, qu’il accuse d’entretenir “l’injustice, la marginalisation et le racisme d’État”.
S’exprimant “à la Nation, aux autorités mauritaniennes et à la communauté internationale”, le parlementaire affirme qu’il est de son devoir, en tant que représentant du peuple, de “dire la vérité sans crainte ni détour”. Il estime que le système mauritanien “a tué nos pères et nos mères, et a déporté des milliers de familles vers le Sénégal et le Mali”, rappelant les événements dramatiques survenus à la fin des années 1980 et au début des années 1990. Selon lui, “si Taya a fui, les autres présumés complices et assassins de ces crimes odieux sont toujours au pouvoir”.
Le député accuse également les différents régimes qui se sont succédé, à l’exception de celui de feu Sidi Ould Cheikh Abdallahi, d’avoir été “complices par leur silence ou leur inaction”. Il évoque par ailleurs plusieurs affaires non élucidées ayant récemment secoué l’opinion publique : la mort de Mohamed Lémine Samba, tué par balle par un policier, ainsi que les décès des jeunes Oumar Diop, Abass Diallo et des jeunes de Kaédi. “À ce jour, aucune enquête sérieuse, indépendante et transparente n’a été ouverte pour faire la lumière sur ces crimes”, déplore-t-il.
Selon Khally Diallo, “dans plus de 90 % de ses décisions et de ses actes, l’État mauritanien pratique une politique qui marginalise, exclut et discrimine une majorité écrasante de sa population”. Il qualifie cette situation “d’injustice structurelle et de racisme d’État”, tout en fustigeant ceux qui défendent cette politique “bec et ongles”, qu’il considère comme “les relais d’un système injuste ou les soutiens aveugles du ministère de l’Intérieur”.
Le député insiste toutefois sur le fait que son combat “vise un système, pas une communauté”, affirmant que lui et ses partisans “n’ont jamais accepté d’être réduits au silence”. Dans sa déclaration, il formule plusieurs demandes : l’ouverture d’enquêtes indépendantes menées par des instances nationales et internationales reconnues, la création de commissions vérité et réparation pour les familles des victimes, la réforme des forces de sécurité et du ministère de l’Intérieur sous supervision externe, la fin des politiques discriminatoires et la mise en place de mesures concrètes pour l’égalité et l’inclusion, ainsi que la protection des droits civiques, politiques et humains et la libération de la parole publique.
Concluant son message sur un ton de défi, le parlementaire martèle : “Nous n’accepterons pas d’être réduits au silence. Ni vous, ni vos soutiens, ni aucun pouvoir ne nous feront taire.” Une déclaration qui ne manquera pas de susciter des réactions au sein de la classe politique et de la société civile mauritanienne, dans un contexte où les débats autour de la justice, de la mémoire et de la cohésion nationale restent d’une extrême sensibilité.