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Finance

Siège de FMI

Sénégal : le FMI ouvre la voie à un nouveau programme d’appui

Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé vendredi 3 octobre l’ouverture de discussions formelles avec le Sénégal en vue d’un nouveau programme de soutien, après avoir salué les efforts entrepris par les autorités en matière de transparence budgétaire et de gestion de la dette.

La directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, a souligné « l’engagement remarquable » du gouvernement sénégalais, évoquant notamment l’identification des passifs jusque-là non déclarés et les premières réformes correctives engagées. Les négociations devraient s’intensifier lors des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, prévues à la mi-octobre.

Cette annonce intervient à la suite de la mission conduite à Dakar en août dernier par Edward Gemayel, chef de mission du FMI. Ses travaux ont mis en évidence l’ampleur des fausses déclarations budgétaires recensées entre 2019 et 2023. L’audit réalisé par le cabinet Forvis-Mazars a réévalué le poids de la dette publique : de 74,4 % du PIB estimés fin 2023, celle-ci atteint désormais 118,8 % fin 2024, conséquence de passifs jusque-là occultés.

Face à cette situation, le gouvernement a engagé un vaste Plan de redressement économique et social, présenté début août par le Premier ministre Ousmane Sonko aux côtés du président Bassirou Diomaye Faye. Pensé comme la première étape de la Vision 2050, ce plan vise à corriger un déficit budgétaire évalué à près de 14 % du PIB et une dette publique proche de 119 %.

Le programme repose majoritairement sur des ressources domestiques, environ 5 667 milliards de FCFA entre 2025 et 2028, mobilisées à travers une augmentation des recettes fiscales, le recyclage d’actifs publics et des financements alternatifs non adossés à la dette. Il s’accompagne d’une série de réformes institutionnelles : rationalisation des dépenses publiques, refonte de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), obligation de déclaration de patrimoine pour les responsables publics, centralisation des achats de l’État et développement de nouveaux instruments financiers tels que les Sukuk et le Waqf.

Sur le plan social, le gouvernement promet un soutien accru aux ménages, gratuité partielle de services de base, logements sociaux, bourses de sécurité familiale, ainsi qu’une relance du secteur privé national par la restructuration de la dette intérieure et une meilleure accessibilité au foncier, à l’énergie et au crédit.

Malgré les déséquilibres budgétaires, l’économie sénégalaise affiche une croissance de 12,1 % au premier trimestre 2025, portée par l’entrée en production des gisements pétroliers et gaziers de Sangomar et GTA. Hors hydrocarbures, la progression reste modeste (3,1 %), freinée par la construction et l’industrie chimique. L’inflation, pour sa part, demeure maîtrisée à 0,7 %.

Le FMI a pris acte de ces orientations et conditionne son futur accompagnement à quatre axes prioritaires : renforcer la transparence budgétaire, soutenir la relance des secteurs stratégiques, garantir une meilleure équité sociale et consolider la résilience climatique.

Avec ce nouveau cadre, Dakar espère regagner la confiance de ses partenaires financiers et restaurer sa crédibilité sur les marchés, alors que la crise de la dette pèse lourdement sur ses perspectives de développement.
 

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