Le président malgache Andry Rajoelina a annoncé, ce lundi 29 septembre, la dissolution de son gouvernement, à la suite de plusieurs jours de manifestations massives marquées par de violents affrontements et un lourd bilan humain. Selon les Nations unies, au moins 22 personnes ont perdu la vie lors de ces mobilisations populaires.
Depuis le 25 septembre, la capitale Antananarivo et d’autres grandes villes sont le théâtre d’un mouvement de contestation inédit, principalement conduit par la jeunesse malgache. Les manifestants dénoncent les coupures récurrentes d’eau et d’électricité, l’incapacité de l’État à répondre aux besoins de base, ainsi qu’une gouvernance jugée défaillante.
Dans son allocution télévisée, le chef de l’État a reconnu les insuffisances de son équipe et souligné la nécessité d’une refonte en profondeur, « La dissolution du gouvernement s’impose pour répondre aux attentes légitimes de la population et ouvrir une nouvelle étape », a déclaré Andry Rajoelina.
Avant cette décision radicale, le président avait déjà procédé au limogeage du ministre de l’Énergie, considéré comme principal responsable des défaillances du système électrique. Cette mesure n’avait toutefois pas suffi à apaiser la colère populaire.
Les autorités ont également instauré un couvre-feu à Antananarivo, de 19 heures à 5 heures du matin, afin de contenir les violences et de sécuriser les institutions.
Ces événements mettent en lumière la fragilité politique et sociale du pays. Réélu en 2023, Andry Rajoelina fait désormais face à une crise de légitimité grandissante. Les observateurs estiment que la dissolution du gouvernement, bien que perçue comme un geste fort, ne suffira pas à calmer la rue tant que les problèmes structurels liés à l’accès à l’eau, à l’électricité et aux services publics ne seront pas résolus.
L’avenir politique de Madagascar demeure incertain, dans un climat tendu où la population, et particulièrement la jeunesse, réclame des réformes profondes et des réponses concrètes à ses difficultés quotidiennes.