L’intervention du président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, hier mercredi 9 juillet à la Maison Blanche lors du mini-sommet États-Unis – Afrique à Washington, continue de susciter un vif tollé au sein de l’opinion publique mauritanienne.
Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes n’ont pas hésité à exprimer leur exaspération face à ce qu’ils considèrent comme une démonstration d’amateurisme diplomatique et un manque flagrant de leadership.
À travers des vidéos satiriques, des montages humoristiques et des publications critiques, les Mauritaniens se moquent d’un discours jugé décousu et répétitif. Les extraits où le président énumère les ressources naturelles du pays — fer, uranium, manganèse, terres rares — dans un style perçu comme désordonné et sans vision globale, sont devenus viraux.
Au-delà des moqueries, cet épisode ravive un débat plus profond sur la gouvernance et la représentation internationale de la Mauritanie. Nombre de commentateurs dénoncent une diplomatie « sans cap », marquée par un discours jugé faible, peu stratégique et qui, selon eux, donne une image réductrice d’un pays pourtant riche en diversité culturelle et en potentiel humain.
Certains observateurs critiquent également le choix du président de s’exprimer en français, alors que le pays promeut officiellement l’arabisation dans son administration et son système éducatif. Pour beaucoup, cette incohérence révèle un malaise identitaire plus large et alimente le sentiment d’exclusion ressenti par les communautés non-arabophones.
La frustration populaire se cristallise aussi autour d’un constat plus global : celui d’un pouvoir jugé centralisé, éloigné des réalités sociales, et d’une élite politique accusée de privilégier ses intérêts au détriment d’un développement inclusif et durable.
Cet épisode, amplifié par la viralité numérique, met en lumière une jeunesse mauritanienne de plus en plus lucide, exigeante et prête à interpeller directement ses dirigeants.
Alors que les partisans de l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz s’en réjouissent et se moquent de ce « rendez-vous raté », les proches du gouvernement tentent de contenir la polémique, estimant que le président « s’en est bien sorti » face à un Donald Trump réputé dur et habitué à humilier ses interlocuteurs.
Bref, pour les internautes mauritaniens : « La Mauritanie mérite mieux ». Un appel à une gestion plus professionnelle de la communication présidentielle, gouvernementale et institutionnelle, car l’image du pays en dépend.