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analyses / décryptages

Macky Sall, ancien président du Sénégal

Macky Sall à l’ONU : une candidature controversée face à un lourd passif

L’ancien président sénégalais Macky Sall nourrit l’ambition de succéder à António Guterres à la tête de l’Organisation des Nations unies (ONU) en 2026. Une perspective qui suscite un débat vif, tant sur le plan national qu’international, compte tenu de son héritage politique et des controverses qui ont marqué sa gouvernance.

Un leadership contesté

À la tête du Sénégal de 2012 à 2024, Macky Sall a vu sa fin de mandat ternie par des vagues de répression politique, des manifestations violemment dispersées ayant causé des dizaines de morts selon des ONG comme Amnesty International. À cela s’ajoutent des accusations de mauvaise gestion économique, notamment dans le cadre des fonds Covid-19, ainsi que des soupçons de manipulation des données budgétaires révélés par la Cour des comptes.

Plusieurs de ses anciens ministres ont été écroués pour corruption en 2025, renforçant le sentiment d’un système ayant manqué de transparence et de redevabilité.

Un rôle effacé à l’international

Si Macky Sall a brièvement présidé l’Union africaine en 2022, son passage est jugé peu marquant par de nombreux observateurs. Son silence relatif face aux conflits majeurs au Soudan, en République centrafricaine ou encore en RDC a alimenté les critiques sur son manque d’implication dans les grands dossiers de paix et de sécurité du continent.

Dans la sous-région ouest-africaine, sa posture face aux crises politiques au Mali, au Burkina Faso et au Niger, et son alignement perçu sur les positions de la France, ont contribué à une perte d’influence du Sénégal dans la CEDEAO.

Une candidature mal accueillie

La perspective de voir Macky Sall diriger l’ONU, institution censée incarner les valeurs de paix, de justice et de respect des droits humains, interroge une partie de l’opinion africaine. Des voix s’élèvent, notamment au Sénégal, pour rappeler que la priorité devrait être de rendre des comptes, et non de briguer un poste d’une telle envergure.

Pour certains analystes, sa candidature n’incarne ni le renouvellement, ni la crédibilité nécessaires à la fonction. Au-delà des divergences politiques, le climat post-Macky Sall reste marqué par une fracture sociale profonde, et le tissu national sénégalais peine à se reconstruire.

Et le soutien de Diomaye Faye ?

Enfin, une interrogation subsiste : le président actuel du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, soutiendra-t-il une telle démarche, alors même que son gouvernement mène des audits et des procédures judiciaires sur la gestion de son prédécesseur ? Le silence de l’exécutif sénégalais sur le sujet est, pour l’instant, assourdissant.

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