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Finance

BAD : Akinwumi Adesina tire sa révérence après une décennie de transformation

Le président sortant de la Banque africaine de développement (BAD), le Nigérian Akinwumi Adesina, a présenté ce lundi le bilan de ses dix années à la tête de l’institution panafricaine, à l’occasion des Assemblées annuelles de la BAD qui se tiennent à Abidjan. Une page se tourne : il quittera officiellement ses fonctions le 1er septembre 2025, laissant une BAD renforcée, et un legs que beaucoup qualifient de « remarquable ».

« Je suis fier de laisser derrière moi une institution financière robuste qui peut résister à toute tempête », a-t-il déclaré devant un parterre de ministres, banquiers, experts et chefs d’État venus de tout le continent.

Une décennie d’impact

Élu en 2015 et réélu en 2020, Adesina a marqué son mandat par l’initiative des « High 5 », cinq grandes priorités stratégiques : éclairer l’Afrique, nourrir l’Afrique, industrialiser l’Afrique, intégrer l’Afrique et améliorer la qualité de vie des Africains.

Sous sa gouvernance, la BAD affirme avoir touché 565 millions de personnes, permis à 128 millions d’avoir accès à la santé, à 63 millions à l’eau potable, à 44 millions à un assainissement digne, et 28 millions à l’électricité.

Côté agriculture, l’initiative « Nourrir l’Afrique » a soutenu 30 millions d’agriculteurs dans 29 pays, générant 44 millions de tonnes de production alimentaire.

Une institution renforcée

Le capital de la BAD est passé de 93 milliards à 318 milliards de dollars, la plus forte augmentation de son histoire. Le Fonds africain de développement a quant à lui mobilisé 8,9 milliards de dollars pour les pays les plus vulnérables.

Vers un nouveau leadership

La succession d’Adesina sera tranchée ce jeudi 29 mai, lors du sommet de clôture des Assemblées. Cinq candidats sont en lice : Amadou Hott (Sénégal), ancien ministre et banquier d’investissement, Mahamat Abbas Tolli (Tchad), gouverneur sortant de la BEAC, Samuel Munzele Maimbo (Zambie), haut cadre à la Banque mondiale, Sidi Ould Tah (Mauritanie), ex-directeur général de la BADEA et Swazi Bajabulile Tshabalala (Afrique du Sud), vice-présidente par intérim de la BAD

Le futur président héritera d’une institution en pleine transformation mais confrontée à de nouveaux défis : dette publique croissante des États africains, instabilités régionales, transition énergétique et urgence climatique.

Un appel à continuer sur la lancée

Le président ivoirien Alassane Ouattara, hôte de l’événement, a salué les acquis d’Adesina et a exhorté son successeur à « accélérer la dynamique insufflée au cours des dix dernières années ».

Avec un bilan solidement ancré et une stratégie de long terme amorcée, Akinwumi Adesina s’apprête à céder sa place, tout en affirmant que sa mission à la BAD n’était « pas un emploi, mais un engagement de vie ».

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