C’est un moment chargé d’émotion et de symbolisme que le Burkina Faso a vécu samedi 17 mai 2025. Sur le site historique du Conseil de l’Entente à Ouagadougou, théâtre de l’assassinat du capitaine Thomas Sankara et de ses douze compagnons en 1987, les autorités burkinabè ont inauguré un mausolée en leur honneur, en présence de nombreuses personnalités africaines.
La cérémonie présidée par le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, représentant le chef de l’État, le capitaine Ibrahim Traoré, s'est déroulée dans une atmosphère solennelle et empreinte de reconnaissance nationale. Parmi les invités de marque figurait le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko, en visite officielle au Burkina Faso, accompagné de plusieurs membres de son gouvernement. Cette présence a souligné la portée panafricaine de l’événement et l’influence toujours vivace de Sankara sur les mouvements de jeunesse et de souveraineté en Afrique.
Le mausolée, œuvre de l’architecte de renommée mondiale Francis Kéré, allie mémoire, architecture durable et symbolisme politique. Construit à partir de matériaux locaux, l’ensemble comprend un édifice central de forme ovale, une tour culminant à 87 mètres – clin d’œil à l’année de l’assassinat de Sankara –, un amphithéâtre, ainsi que des espaces dédiés à l’éducation et à la réflexion citoyenne.
Ce projet s’inscrit dans une dynamique de réhabilitation amorcée en 2015 avec l’exhumation des restes des victimes pour expertise judiciaire. En 2023, les corps ont été réinhumés sur le site, devenu entre-temps un lieu de recueillement fréquenté par des centaines de visiteurs quotidiens.
L’inauguration de ce mémorial constitue une nouvelle étape dans le processus de justice historique engagé par les autorités burkinabè. En 2023, Thomas Sankara a officiellement été élevé au rang de « héros de la Nation », tandis que des lieux symboliques de Ouagadougou ont été renommés en sa mémoire.
Ce monument, au-delà de sa valeur patrimoniale, ambitionne d’ancrer durablement l’héritage du « père de la révolution burkinabè » dans les consciences africaines et de transmettre aux générations futures ses idéaux de liberté, de dignité et d’intégrité.