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Migration / Réfugiés

MAURITANIE / MIGRATION : des voix s’élèvent contre les expulsions de Noirs mauritaniens

Alors que la crise migratoire prend de l’ampleur en Mauritanie, les récents cas d’expulsions et d’interpellations de citoyens noirs mauritaniens suscitent une vague d’inquiétude au sein de la classe politique et de la société civile.

Le député Khally Diallo a exprimé ses préoccupations suite à l’arrestation de cinq ressortissants dans la commune d’Arafat, pointant un usage abusif de critères administratifs pour identifier des “étrangers”, qui s’avèrent parfois être des Mauritaniens à part entière. Il rappelle que l’enrôlement biométrique, en excluant de nombreux citoyens des documents d’état civil, crée une situation à haut risque pour des populations vulnérables.

« Certains de nos compatriotes, notamment des Noirs mauritaniens, sont injustement exposés à des mesures d’expulsion à cause de situations administratives complexes », alerte le parlementaire. Il appelle les autorités à reconsidérer leur approche et à préserver la cohésion nationale, dans le respect des droits humains.

Dans une réaction parallèle, Gourmo Lô, vice-président de l’Union des Forces de Progrès (UFP), a dénoncé une dérive aux relents historiques. Pour lui, l’amalgame entre l’absence de documents et la nationalité étrangère frappe avant tout les citoyens négro-africains. Il évoque une répétition des erreurs du passé, en référence aux déportations massives de 1989.

« Être négro-africain et sans papiers chez soi… n’est ni un crime ni un délit », affirme-t-il, dénonçant un système qui continue à marginaliser des citoyens en raison de leur origine ou de leur apparence.

Ces déclarations interviennent alors que les autorités mènent des opérations renforcées dans le cadre de la lutte contre l’immigration irrégulière. Mais pour de nombreux observateurs, une ligne rouge semble franchie lorsque des Mauritaniens (noirs) sont eux-mêmes confondus avec des étrangers.

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