Mohamed Salem Ould Merzoug, ministre mauritanien des affaires étrangères, de la coopération africaine et des mauritaniens de l’extérieur,
Face à l’intensification du débat public sur la question migratoire en Mauritanie, le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Mauritaniens de l’Extérieur a publié ce dimanche un communiqué visant à clarifier la position du gouvernement. Le document revient sur les différentes formes de migration dans le pays et insiste sur la nécessité de distinguer migration régulière, accueil des réfugiés et migration irrégulière.
Une migration plurielle sous contrôle réglementaire
Dans son communiqué, le ministère rappelle que la Mauritanie accueille depuis longtemps des ressortissants des pays voisins, tant du Nord que du Sud. Ces flux migratoires, ancrés dans l’histoire et les réalités socioculturelles de la région, sont encadrés par des accords bilatéraux et internationaux. Deux catégories de migrants sont ainsi reconnues comme résidents réguliers : les réfugiés, qui bénéficient d’un statut protégé, et les migrants traditionnels, détenteurs de titres de séjour leur garantissant des droits en Mauritanie.
Le gouvernement souligne que cette mobilité est naturelle et historique, fruit d’une longue tradition de brassage entre les peuples sahéliens et sahariens, unis par des liens de sang, une culture commune et un islam sunnite tolérant. La Mauritanie réaffirme donc son attachement à ces principes d’hospitalité et de fraternité, tout en mettant en garde contre les amalgames entretenus par certains discours alarmistes.
Un défi croissant : la migration irrégulière
Toutefois, la Mauritanie fait face à un phénomène de migration irrégulière qui prend de l’ampleur et pose des défis sécuritaires et socio-économiques. Le communiqué met en lumière les risques liés à ces flux incontrôlés, notamment la montée des trafics illicites, y compris le trafic humain, et les pressions sur les infrastructures et services du pays.
Le ministère regrette notamment que de nombreux migrants ouest-africains, bien que disposant de procédures simplifiées pour obtenir un titre de séjour, ne renouvellent pas leurs documents à temps, se retrouvant ainsi en situation irrégulière. Une problématique qui, selon les autorités, complique la gestion de la migration régulière et alimente la confusion dans l’opinion publique.
Une politique migratoire entre ouverture et fermeté
Dans sa déclaration, la Mauritanie réitère son engagement à favoriser une migration régulière, ordonnée et sécurisée, en coopération avec les pays voisins. Le pays entend renforcer la lutte contre les réseaux de migration clandestine, tout en maintenant son rôle traditionnel de terre d’accueil pour les étrangers en situation régulière.
Alors que le débat s’intensifie au sein de l’opinion publique, le gouvernement appelle à la responsabilité des acteurs médiatiques et politiques afin d’éviter la propagation de fausses informations et d’amalgames nuisibles à la cohésion sociale.
La Mauritanie reste donc fidèle à son héritage d’ouverture, mais se veut intransigeante face aux flux migratoires illégaux qui menacent la stabilité et la sécurité du pays.