Depuis la capitale allemande, la ministre de l’Environnement et du Développement durable, Messouda Baham Mohamed Laghdaf, a appelé la communauté internationale à renforcer les financements destinés aux collectivités locales confrontées aux conséquences du changement climatique et aux déplacements de populations.
La Mauritanie a plaidé vendredi pour une réforme du financement climatique international afin de mieux soutenir les communautés locales exposées aux effets du changement climatique et aux mouvements de populations qui en découlent.
Intervenant lors du deuxième panel de la Conférence de Berlin sur la mobilité climatique, consacré à la mobilisation des financements pour les solutions communautaires, la ministre de l’Environnement et du Développement durable, Messouda Baham Mohamed Laghdaf, a dressé un tableau des défis environnementaux auxquels fait face le pays.
Selon la ministre, la Mauritanie est confrontée à « une situation particulièrement complexe » marquée par « les effets conjugués de la désertification, des sécheresses récurrentes, de la dégradation des terres, de la raréfaction des ressources en eau et de l’érosion côtière », des phénomènes qui fragilisent les moyens de subsistance des populations et accentuent les vulnérabilités socio-économiques.
Elle a également rappelé que la Mauritanie accueille aujourd’hui plus de 160 000 réfugiés et demandeurs d’asile, dont près de 120 000 dans le camp de Mbera, ainsi que plus de 40 000 personnes intégrées au sein des communautés d’accueil dans différentes régions du pays. Saluant la solidarité des populations mauritaniennes, elle a toutefois alerté sur les pressions croissantes exercées sur les ressources naturelles et les services essentiels.
Pour la responsable mauritanienne, « la mobilité climatique ne doit pas être considérée uniquement comme une conséquence des crises », mais doit être pleinement intégrée aux stratégies d’adaptation, de résilience et de développement durable. Elle a insisté sur la nécessité d’investir davantage dans l’adaptation afin de réduire les coûts humains, sociaux et économiques liés aux déplacements forcés.
Présentant les priorités nationales, la ministre a mis en avant le renforcement du « droit de rester » à travers la restauration des terres dégradées, la gestion durable des ressources en eau, le soutien aux systèmes pastoraux, la diversification des sources de revenus et le renforcement des capacités des collectivités locales.
Elle a également souligné que lorsque les déplacements deviennent inévitables, ceux-ci doivent être « anticipés, planifiés et réalisés dans des conditions sûres et dignes », avec une participation active des populations concernées.
Abordant la question du financement climatique, Mme Messouda Baham Mohamed Laghdaf a appelé à simplifier les mécanismes d’accès aux financements internationaux et à permettre aux collectivités territoriales ainsi qu’aux organisations communautaires de bénéficier directement de ces ressources. Elle a notamment plaidé pour une augmentation des financements dédiés à l’adaptation locale et pour une meilleure prise en compte de la mobilité climatique dans les mécanismes liés à l’adaptation, aux pertes et dommages et au développement.
Dans son intervention, la ministre a également insisté sur la nécessité de soutenir davantage les communautés d’accueil du Sahel, estimant que leur résilience constitue « un investissement stratégique pour la stabilité régionale ».
En conclusion, elle a appelé à une mobilisation internationale fondée sur « la justice climatique, l’action locale et les partenariats efficaces », soulignant que les populations les plus exposées aux effets du changement climatique doivent disposer des moyens nécessaires pour s’adapter, renforcer leur résilience et « choisir librement leur avenir dans la dignité ».
Selon le communiqué du ministère, la Mauritanie considère que la responsabilité collective de la communauté internationale est de garantir aux populations affectées « le droit de rester, le droit à une mobilité sûre lorsque cela est nécessaire, et le droit de vivre dans la dignité où qu’elles se trouvent ».