Invoquant des problèmes cardiaques et rénaux, les avocats de l’ancien président mauritanien, condamné à 15 ans de prison ferme, alertent sur la dégradation de son état de santé et réclament son transfert urgent en France pour des soins spécialisés.
La défense de l’ancien président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a réclamé, mardi 3 novembre 2026, son transfert urgent en France afin de bénéficier d’une prise en charge médicale spécialisée. Lors d’une conférence de presse à Nouakchott, les avocats ont alerté sur les risques que ferait peser, selon eux, la poursuite de sa détention sur son état de santé.
Dans son communiqué, le collectif affirme que son client souffre de plusieurs maladies chroniques, notamment de problèmes cardiaques et rénaux, ainsi que d’autres troubles nécessitant un suivi médical spécialisé. Il estime également que les conditions de son incarcération, en particulier son placement à l’isolement, ont contribué à la dégradation de son état.
La défense rappelle que les autorités avaient manifesté leur disponibilité à prendre en charge les soins de l’ancien chef de l’État. Selon les avocats, à la suite d’une rencontre avec le ministre de la Justice le 23 juin 2024, deux médecins avaient été mandatés pour examiner son dossier et recommandé son transfert urgent vers un centre médical spécialisé, de préférence en Europe, en vue d’une intervention chirurgicale. La défense affirme que cette recommandation n’a pas été mise en œuvre.
Le collectif évoque également plusieurs antécédents médicaux, notamment un caillot sanguin et une hémorragie survenus quelques mois après son incarcération en 2021, ainsi qu’une crise cardiaque aiguë en juin 2025, suivie d’un deuxième cathétérisme. Il affirme par ailleurs qu’une commission médicale de trois médecins, constituée par les ministères de la Justice et de la Santé, n’a pas procédé à un examen direct de l’ancien président.
Réitérant sa demande de transfert en France sans délai, la défense tient les autorités pour responsables de toute complication susceptible de menacer la santé ou la vie de son client. Elle demande également qu’un médecin du centre spécialisé puisse accéder à son dossier médical.
Pour rappel, Mohamed Ould Abdel Aziz purge une peine de 15 ans de prison ferme, prononcée en appel le 14 mai 2025, dans le cadre du dossier dit de la « décennie », relatif à sa gestion du pouvoir entre 2008 et 2019.