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Dans un rapport publié le 27 octobre, Viginum décrit les activités d’une structure présentée comme un réseau d’influence russe, particulièrement active au Cameroun et en République du Congo. Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, annonce vouloir demander des sanctions européennes contre les responsables présumés.
La France hausse le ton face aux opérations d’influence qu’elle attribue à la Russie en Afrique. Dans un rapport publié le 27 octobre 2026, Viginum, le service français chargé de lutter contre les ingérences numériques étrangères, examine les activités de GlobUs, une structure qui se présente comme un club international d’experts, mais que le service décrit comme une façade permettant de mener des opérations de manipulation de l’information et d’ingérence politique au profit de Moscou.
Selon Viginum, GlobUs s’appuie sur un réseau de journalistes, d’influenceurs, de juristes et de politologues diffusant régulièrement des récits favorables à la Russie et critiques de l’Occident. Le rapport fait état de trois chaînes Telegram cumulant plus de 75 000 abonnés, ainsi que de partenariats avec des médias africains et d’interactions avec des entités liées à l’État russe, notamment la Douma, la chambre basse du Parlement russe.
Le Cameroun et le Congo-Brazzaville particulièrement concernés
Le rapport identifie le Cameroun et la République du Congo comme deux terrains d’activité importants de GlobUs. Au Cameroun, Viginum évoque des mécanismes de relais et d’amplification de récits pro-russes à travers différentes plateformes médiatiques. Il cite notamment Afrique Média TV, qu’il présente comme un important vecteur de diffusion de narratifs et d’opérations d’influence informationnelle russes sur le continent.
En République du Congo, le service français relève une implication accrue de membres de GlobUs à Brazzaville entre août 2025 et la période précédant l’élection présidentielle de mars 2026. Il estime par ailleurs probable que les autorités russes et leurs services de renseignement aient identifié et exploité cette structure pour faciliter des opérations d’ingérence et d’influence.
Viginum rattache également les dirigeants de GlobUs, Youlia Berg et Andreï Gromov, à la galaxie d’influence associée à Evgueni Prigojine, l’ancien chef du groupe paramilitaire Wagner, mort en août 2023. Le rapport souligne toutefois que l’efficacité réelle de ces stratégies d’influence auprès des populations demeure à relativiser.
Jean-Noël Barrot réclame des sanctions européennes
À la suite de la publication du rapport, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé son intention de demander des sanctions européennes contre les responsables de l’opération présumée.
« En Afrique comme ailleurs, la Russie de Vladimir Poutine tente de manipuler les opinions publiques d’États souverains pour nuire aux intérêts de la France », a-t-il déclaré dans une publication sur ses réseaux sociaux. Le ministre estime que le rapport de Viginum apporte une démonstration des pratiques dénoncées par Paris.
« Je demanderai que des sanctions européennes soient prises à l’encontre des responsables de cette opération d’ingérence qui vise notamment le Cameroun et la République du Congo », a-t-il ajouté. Il accuse également Moscou de chercher à « coloniser les esprits », affirmant que cette stratégie échouera.
Ce rapport intervient dans un contexte de tensions persistantes entre Paris et Moscou, sur fond de rivalité d’influence en Afrique. La Russie a notamment renforcé sa présence au Sahel, où les relations avec la France se sont fortement dégradées. Au Mali, au Burkina Faso et au Niger, les autorités militaires ont obtenu le départ des forces françaises, marquant un recul de l’influence sécuritaire de Paris dans ces trois pays. Moscou a, de son côté, développé ses relations avec les autorités de ces États.