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Emploi

Mauritanie : le gouvernement lance le recrutement de 3 000 fonctionnaires sous le sceau de la transparence numérique

Annoncé par le Président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, lors du 65e anniversaire de l’indépendance nationale, le recrutement de 3 000 fonctionnaires et agents de l’État entre dans sa phase opérationnelle. Placé sous la supervision directe du Premier ministre, le processus se veut exemplaire en matière de mérite, d’égalité des chances et de digitalisation intégrale des concours.

Réuni ce mercredi 25 février sous la présidence du Chef de l’État, le Conseil des ministres a pris acte de l’état d’avancement des préparatifs relatifs à ce vaste recrutement destiné à renforcer les secteurs prioritaires de l’administration publique. Cette opération d’envergure nationale s’inscrit dans une dynamique de modernisation de la fonction publique et de consolidation de la gouvernance.

Le processus est encadré par un comité interministériel présidé par le Premier ministre, chargé de définir les grandes orientations et d’assurer la cohérence stratégique de l’opération. Deux commissions techniques ont été mises en place pour garantir son exécution rigoureuse. La première coordonne les aspects organisationnels avec le ministère de la Fonction publique, les départements bénéficiaires et la Commission nationale des concours. La seconde est chargée de déployer l’architecture technologique du concours afin d’assurer transparence, équité et traçabilité.

Lors de la conférence de presse consécutive au Conseil des ministres, la ministre de la Fonction publique et du Travail a confirmé que les concours seront organisés via une plateforme numérique dédiée. Un projet de décret adopté autorise désormais la tenue des concours administratifs à travers des outils digitaux. Les candidatures seront déposées à distance, les pièces justificatives vérifiées électroniquement et les épreuves corrigées de manière automatisée, avec pour objectif de réduire les délais et de limiter l’intervention humaine.

Le ministre de la Transition numérique a précisé que l’ensemble de la procédure sera digitalisé de bout en bout. Les candidats pourront s’inscrire via les applications nationales « Khidmaty » ou « Houwiyeti », ou par un lien alternatif accessible en ligne. Le traitement des dossiers sera assuré par un système d’intelligence artificielle chargé de vérifier la conformité des candidatures aux critères requis.

Le jour des épreuves, les candidats composeront sur tablettes sécurisées, configurées exclusivement pour l’accès aux questionnaires à choix multiples. Les questions et réponses seront générées le jour même par intelligence artificielle, avec un ordre aléatoire différent pour chaque candidat afin de prévenir toute tentative de fraude. Les résultats seront publiés automatiquement après correction numérique et chaque candidat recevra des notifications à chaque étape du processus. Un mécanisme de recours est prévu, tandis qu’un plan alternatif sur support papier sera activé en cas de défaillance technique.

Parallèlement, le Conseil des ministres a adopté une révision du statut particulier des corps interministériels, introduisant notamment la création d’un corps de techniciens supérieurs en informatique, classé en catégorie A courte et accessible aux titulaires d’une licence en informatique. Cette mesure vise à adapter la classification professionnelle aux niveaux universitaires actuels et à renforcer les capacités de l’administration dans le domaine stratégique de la transformation numérique.

Ce recrutement intervient dans un contexte de mutation profonde de la gestion publique, marqué par l’adoption, pour la première fois, d’un budget élaboré selon l’approche programme. La réforme des délégations de signature et la responsabilisation accrue des gestionnaires traduisent une volonté d’instaurer une gestion axée sur les résultats, où le responsable de programme assume également la responsabilité de l’utilisation des ressources allouées.

À travers cette opération de recrutement massif, le gouvernement entend absorber une partie de la demande sociale d’emploi qualifié tout en injectant de nouvelles compétences dans l’appareil d’État. La digitalisation intégrale du processus constitue, selon les autorités, un tournant majeur dans la moralisation et la modernisation de l’accès à la fonction publique en Mauritanie.

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