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Danielle Ciribassi Seck, fondatrice et directrice générale de Niofar Consulting

Retrait de Niofar Consulting : un signal d’alarme pour l’environnement des affaires en Mauritanie

Le climat des affaires en Mauritanie fait face à une nouvelle alerte. Dans un message publié sur sa page LinkedIn, Danielle Ciribassi Seck, fondatrice et directrice générale de Niofar Consulting, a annoncé le retrait définitif de son entreprise du pays, après cinq années d’investissement, d’accompagnement et de tentative de consolidation d’un modèle de conseil durable à destination du marché local.

Dans un témoignage direct, sans langue de bois, l’entrepreneure évoque une série d’obstacles structurels et culturels ayant compromis la viabilité du projet : absence de responsabilisation, retards chroniques, manque de transparence, pression fiscale informelle, et partenariats fragilisés. Selon elle, ce contexte a progressivement freiné l’élan de l’entreprise, érodé la confiance avec les partenaires et compromis l’ambition de long terme du projet.

« Ce n’est pas une question de potentiel – la Mauritanie en regorge – mais d’environnement. La conformité est pénalisée, la transparence devient un handicap et l’entrepreneuriat, un parcours du combattant », écrit-elle. Danielle Ciribassi dénonce notamment des pratiques de corruption systémique ayant conduit à des tentatives d’extorsion déguisées, sous forme de “faux audits” ou de paiements “informels” réclamés pour échapper à certaines pressions fiscales.

Réaction officielle : une commission d’enquête mise en place

Face à l’écho retentissant de cette déclaration sur les réseaux sociaux, le ministère mauritanien de l’Économie et des Finances a rapidement réagi par un communiqué. Il annonce la création d’une commission d’enquête chargée de faire toute la lumière sur cette affaire et d’évaluer l’environnement d’accompagnement des investisseurs étrangers et nationaux.

Cette commission devra remettre son rapport d’ici le 11 avril, et les autorités promettent de partager les conclusions en toute transparence avec l’opinion publique. Des mesures strictes sont annoncées pour renforcer l’attractivité du pays et lutter plus efficacement contre la corruption.

« Aucune forme de négligence ou de comportement portant atteinte à la réputation du pays ne sera tolérée », précise le ministère, qui entend faire de cette affaire un point de bascule vers une gouvernance économique plus rigoureuse.

Un climat à repenser

Le retrait de Niofar Consulting, salué pour ses initiatives de formation et d’accompagnement local, constitue un test grandeur nature pour la crédibilité de la stratégie d’attractivité de la Mauritanie. Si ce départ reste un cas isolé, il met en lumière des failles systémiques susceptibles de compromettre les ambitions du pays en matière d’investissement étranger.

Grâce à la réaction rapide du gouvernement mauritanien, un espoir subsiste quant à la possibilité de faire toute la lumière sur cette affaire. La Mauritanie a tout intérêt à redorer son image, longtemps perçue comme peu favorable aux investisseurs.

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