La Banque mondiale et les autorités mauritaniennes ont élaboré une nouvelle feuille de route stratégique visant à porter les exportations minières à 7,8 milliards de dollars à l’horizon 2045. Le document prévoit notamment une augmentation de la production, le développement de la transformation locale et une mobilisation accrue des investissements privés.
La Mauritanie entend franchir une nouvelle étape dans la valorisation de son potentiel minier. Dans un document stratégique publié en octobre 2026, intitulé « Un Pacte national minier pour la République islamique de Mauritanie », la Banque mondiale présente, en collaboration avec les autorités nationales, une feuille de route destinée à transformer le secteur à l’horizon 2045.
Le document souligne le poids considérable des ressources minières dans l’économie nationale. En 2025, les exportations du secteur ont atteint environ 3 milliards de dollars, représentant près de 75 % des exportations totales du pays. L’activité minière contribue également à hauteur d’environ 16 % aux recettes publiques. Le pays compte par ailleurs près de 90 opérateurs miniers actifs, tandis que les femmes ne représentent que 6 % de la main-d’œuvre du secteur.
Au-delà de ce diagnostic, le Pacte fixe des objectifs de croissance ambitieux. Les exportations minières devraient ainsi passer de 3 milliards de dollars en 2025 à 7,8 milliards en 2045. Les recettes nationales issues du secteur sont, quant à elles, appelées à progresser de 429,5 millions de dollars à 840 millions de dollars sur la même période. Le document prévoit également une augmentation des emplois directs et indirects, de 9 400 en 2025 à 24 680 en 2045.
La feuille de route s’appuie sur cinq projets miniers structurants, couvrant deux projets de minerai de fer, un projet d’uranium, un projet de cuivre et un projet consacré aux minéraux critiques. Elle prévoit également le développement de capacités industrielles de transformation sur le territoire national, notamment dans le bouletage du minerai de fer, la production de fer préréduit, l’acier vert, les fonderies et les raffineries. L’objectif est de renforcer la valeur ajoutée locale et de réduire la dépendance aux exportations de matières premières brutes.
Sur le plan financier, le Pacte prévoit une mobilisation indicative de capitaux privés cumulés de 2,2 milliards de dollars à l’horizon 2030, puis de 5,2 milliards en 2035. Cette ambition suppose notamment le développement des infrastructures, l’amélioration du cadre réglementaire et une participation accrue des investisseurs privés.
Pour assurer la mise en œuvre de cette stratégie, le document prévoit la création d’un comité de pilotage interministériel en novembre 2026, suivie de la validation d’une feuille de route pluriannuelle en 2027.
Cette nouvelle orientation confirme ainsi la place stratégique du secteur minier dans les ambitions économiques de la Mauritanie à l’horizon 2045