La capitale mauritanienne accueille un sommet continental majeur consacré à la transformation des systèmes agroalimentaires, réunissant plus de 32 ministres africains et le directeur général de la FAO, dans un contexte de défis alimentaires mondiaux et de fortes attentes en matière d’investissement et d’innovation.
Nouakchott abrite depuis jeudi la session ministérielle de la 34ᵉ Conférence régionale de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) pour l’Afrique. Plus de 32 ministres africains, aux côtés du directeur général de la FAO, Qu Dongyu, prennent part à cette rencontre stratégique consacrée à la transformation des systèmes agroalimentaires sur le continent.
Placée sous le thème « Maintenir la transformation des systèmes agroalimentaires en Afrique : innover, partenariats, investir », cette conférence constitue un cadre de concertation pour évaluer les actions menées entre 2024 et 2025, fixer les orientations futures et suivre la mise en œuvre des engagements issus de la Déclaration de Kampala sur le développement agricole en Afrique.
La Mauritanie met en avant sa vision de souveraineté alimentaire
Dans son discours d’ouverture, le Premier ministre mauritanien, Mokhtar Ould Diay, a exprimé la satisfaction de la Mauritanie d’accueillir cet événement continental, soulignant son inscription dans la vision du président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, axée sur la souveraineté alimentaire et la résilience des systèmes de production.
« Cette rencontre traduit la vision du président de la République qui place la sécurité alimentaire et la résilience agricole au cœur du développement national », a-t-il déclaré.
Le Premier ministre a indiqué que cette orientation s’est traduite par des politiques publiques et des programmes structurants visant à dynamiser les filières agricoles, renforcer la sécurité alimentaire et améliorer la nutrition des populations.
L’Afrique face à des défis globaux majeurs
Évoquant le contexte international, le chef du gouvernement a alerté sur l’impact des perturbations des chaînes d’approvisionnement, des tensions géopolitiques, de la hausse des coûts des intrants agricoles et des effets du changement climatique sur les systèmes de production africains.
Selon lui, ces contraintes imposent une accélération des réformes agricoles et un renforcement des capacités de résilience. Il a également estimé que le continent dispose d’un potentiel considérable encore sous-exploité, appelant à repositionner l’agriculture comme priorité stratégique.
« L’Afrique dispose des ressources nécessaires pour devenir un grenier mondial, mais ce potentiel reste insuffisamment valorisé », a-t-il affirmé, plaidant pour une transformation profonde des systèmes de production.
Une dynamique continentale portée par les réformes africaines
Le Premier ministre a mis en avant le rôle joué par la Mauritanie et par le président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, lors de sa présidence de l’Union africaine, dans la promotion des questions agricoles et alimentaires au niveau continental, notamment en matière de coopération et de mobilisation des investissements.
Il a également souligné l’importance des récents engagements africains, notamment le Sommet de Kampala de 2025, qui a validé un nouveau plan décennal pour l’agriculture africaine, servant de cadre de référence pour les politiques à venir.
La FAO appelle à changer de paradigme
De son côté, le directeur général de la FAO, Qu Dongyu, a remercié la Mauritanie pour son accueil et appelé à une nouvelle lecture du secteur agricole africain, non plus perçu comme un domaine de contraintes, mais comme un levier d’opportunités et de croissance.
Il a résumé la vision de son organisation autour des « quatre améliorations » : améliorer la production, améliorer la nutrition, améliorer l’environnement et améliorer les conditions de vie.
« L’Afrique doit changer de regard sur son agriculture et la considérer comme une source de prospérité et d’innovation, et non uniquement comme un secteur confronté aux difficultés », a-t-il déclaré.
Le responsable onusien a insisté sur la nécessité d’investir dans les infrastructures, de renforcer le commerce intra-africain, de promouvoir la science et la technologie, ainsi que d’impliquer davantage les jeunes et les femmes dans la transformation du secteur.
Il a enfin exhorté les pays africains à faire des choix plus audacieux afin de réduire leur dépendance extérieure et de renforcer leur rôle dans la sécurité alimentaire mondiale.
Une forte mobilisation institutionnelle
La cérémonie d’ouverture a réuni plusieurs membres du gouvernement mauritanien, des responsables administratifs, des élus locaux, ainsi que des représentants du corps diplomatique et des partenaires techniques et financiers.
Cette forte participation confirme l’importance stratégique de cette conférence, considérée comme une étape clé dans la redéfinition des politiques agricoles africaines et la construction d’une souveraineté alimentaire durable.