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Diplomatie / Coopération

Emmanuel Besnier, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de France en Mauritanie. ©DR

Emmanuel Besnier : « La Mauritanie et la France partagent une relation fondée sur la confiance, la solidarité et une vision commune de l’avenir »

À l’occasion de la fête nationale française du 14 juillet, l’ambassadeur de France en Mauritanie, Emmanuel Besnier, revient sur les principaux axes du partenariat entre Nouakchott et Paris. Dans cette tribune, il met en avant la convergence diplomatique, la coopération économique, la solidarité et les liens humains comme piliers d’une relation bilatérale qu’il qualifie d’exemplaire.

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TRIBUNE : 

Convergence sur les grands sujets internationaux, prospérité partagée, solidarité et liens humains : quatre lignes directrices pour la relation entre la Mauritanie et la France

« Notre pays a fait le choix de la constance dans ses partenariats et c’est cette constance qui explique la qualité exemplaire de nos relations bilatérales. » Ces propos du président Ghazouani, à l’occasion de sa visite d’État historique en France en avril dernier, résument bien plus que de longs discours la profondeur de la relation de confiance qui unit la Mauritanie et la France.

Alors que s’ouvre la période de repos estival et que la France célèbre sa fête nationale, il me paraît approprié de revenir sur la riche année qui vient de s’écouler entre nos deux pays.

J’en retire en particulier quatre enseignements, qui sont autant de lignes directrices pour l’avenir de la relation entre la Mauritanie et la France.

1. D’abord, la convergence de nos deux pays sur les grands enjeux internationaux.

Comme l’a souligné le président de la République Emmanuel Macron lors de la visite d’État : « Dans ce monde marqué par le retour des rapports de force, les remises en cause du multilatéralisme, la Mauritanie et la France portent une voie claire, celle d’un ordre international fondé sur des règles, sur la coopération et sur le respect mutuel. »

Elles défendent en effet toutes les deux une gouvernance mondiale plus juste et équilibrée, qui accorde toute sa part au continent africain, avec la conviction que les défis de notre temps, comme la lutte contre le changement climatique, la protection des océans ou encore le développement durable, ne peuvent pas faire l’économie d’une action collective. Comme le dit le célèbre proverbe hassaniya : « id wahda ma tsaffaq ».

C’est cette conviction qui a guidé l’organisation, conjointement avec le Kenya, du sommet Africa Forward de Nairobi en mai dernier, avec la participation de S. Exc. le président Ghazouani aux côtés de 48 autres pays africains, dont 33 chefs d’État et de gouvernement.

C’est cette conviction qui guide également notre soutien et celui de l’Union européenne à l’Ukraine, face à la guerre d’agression menée par la Russie. Un soutien dont la finalité est une paix juste et durable, dont les effets positifs se feront aussi ressentir ici, au Sahel et en Afrique.

Enfin, c’est aussi cette conviction qui nous incite à continuer à faire pression pour mettre en œuvre le plan de paix à Gaza. Alors que la situation humanitaire est inacceptable, la priorité va à l’acheminement massif de l’aide, sans entrave.

2. Deuxième ligne directrice : une relation économique forte au service d’une prospérité partagée.

Avec une trentaine d’entreprises créant plus de 2 000 emplois directs et 300 millions d’euros d’échanges commerciaux annuels, la France est déjà un acteur de l’économie mauritanienne.

Mais, comme l’a souligné le ministre délégué chargé du Commerce extérieur lors de sa visite à Nouakchott en novembre dernier, nous pouvons et nous devons faire mieux. Mieux pour attirer davantage d’investissements en Mauritanie, mieux pour soutenir l’innovation et développer les liens d’affaires.

Je voudrais saluer ici le dynamisme des investisseurs français, qui croient en la Mauritanie et aux opportunités qu’elle offre, dans les domaines bancaire, des services, des infrastructures, du transport maritime, de la logistique, de l’agroalimentaire, de l’extraction minière, etc.

Mais je voudrais également saluer les efforts de nos amis mauritaniens pour faire davantage connaître leur pays et identifier de nouvelles opportunités de partenariats, comme nous l’avons fait à Paris lors du forum d’affaires du 17 avril, coorganisé par l’APIM et les patronats français et mauritanien.

3. Ce pilier économique va de pair avec un autre axe fort de coopération : la solidarité.

Une solidarité qui n’est ici ni charité ni philanthropie, mais qui revient au sens originel du mot : un lien solide qui nous réunit.

Elle se manifeste en particulier à travers l’action de l’Agence française de développement, avec une quarantaine de projets en cours et un portefeuille de plus de 400 millions d’euros, auxquels s’ajoutent 80 M€ de prêts du Trésor français.

Ces projets ont tous le même fil directeur : avoir un impact direct et positif sur le quotidien des populations.

Je citerai en particulier notre appui aux efforts remarquables engagés par les autorités mauritaniennes pour les populations les plus vulnérables et les réfugiés dans le sud et l’Est du pays. Cette année encore, notamment à travers le Commissariat à la sécurité alimentaire, la France appuie ainsi financièrement 130 000 personnes et met en œuvre un programme d’urgence pour les éleveurs du Hodh Ech Chargui.

Dans un environnement régional dégradé au Sahel central, la France est et restera un partenaire fiable, attentif aux intérêts de la Mauritanie, à sa stabilité, et pleinement respectueux de sa souveraineté.

Je pourrais également citer notre action dans les domaines stratégiques de l’eau et de l’agriculture. La France soutient, par exemple, la construction de 53 barrages à vocation agropastorale dans le pays, mais aussi dans le domaine de l’électricité avec l’hybridation en énergie solaire d’une dizaine de centrales, ou encore notre participation au financement de la ligne électrique Nouakchott–Néma, avec l’Union européenne et la BAD.

4. Enfin, ce sont les liens humains qui font la véritable richesse de nos relations, en particulier à travers les jeunesses de nos deux pays.

J’ai pu constater personnellement l’étroitesse de ces liens depuis mon arrivée en septembre 2025, et je voudrais sincèrement remercier tous les Mauritaniens que j’ai rencontrés pour la chaleur de leur accueil et pour leur amitié, que ce soit à Nouakchott ou dans les 10 autres wilayas de votre magnifique pays que j’ai pu visiter jusqu’à présent.

Ces liens humains se déploient dans le domaine culturel, notamment à l’Institut français, où les artistes mauritaniens font rayonner tous les talents du pays, de Nour Mint Seymali à BRMX en passant par Oumar Ball, ou encore à l’occasion du festival des Traversées mauritanides.

Nos liens se renforcent aussi dans le domaine éducatif et universitaire, avec la promotion d’une mobilité bénéfique pour nos pays, comme peuvent en témoigner les près de 1 100 étudiants mauritaniens actuellement en France ou encore les membres du réseau France Alumni.

Je me réjouis également de l’homologation de deux nouvelles écoles qui viennent renforcer le réseau international de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger, aux côtés du lycée français Théodore Monod et de trois autres établissements.

Enfin, l’appui à la jeunesse irrigue toute notre coopération civile, en matière de formation professionnelle, d’entrepreneuriat, avec par exemple l’appui à la création de 400 entreprises de femmes et de jeunes aux côtés de l’agence Techghil, ou encore le soutien à la société civile, avec le Commissariat aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et aux relations avec la société civile.

Vous l’avez compris, ces quatre lignes directrices que je viens de mettre en avant ne constituent pas seulement les fondements solides de notre partenariat, ils formulent aussi pour nos deux pays une exigence pour les années à venir. Une exigence à la hauteur de la qualité et de la constance exemplaires de nos relations bilatérales.

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