Des combattants touaregs dans le nord du Mali. ©️DR
Dans un communiqué transmis à la rédaction de TRUST par l’Ambassade d’Ukraine en Mauritanie, le ministère ukrainien des Affaires étrangères rejette les accusations du Mali et du Niger concernant un prétendu soutien à des groupes armés au Sahel. Kyiv dénonce des allégations infondées, qu’il associe aux discours de la propagande russe, tout en se déclarant ouvert au dialogue avec les pays concernés.
L’Ukraine a fermement rejeté les accusations du Mali et du Niger selon lesquelles elle apporterait un soutien à des groupes armés illégaux et s’ingérerait dans les affaires intérieures des États du Sahel. Dans son commentaire officiel daté du 2 novembre 2026, dont la rédaction de TRUST a reçu une copie de l’Ambassade d’Ukraine en République islamique de Mauritanie, le ministère ukrainien des Affaires étrangères affirme que ces allégations ont été réfutées à plusieurs reprises et qu’aucune preuve crédible n’a été présentée pour les étayer.
Kyiv indique que ces accusations ont notamment été relayées en septembre 2026, lors de la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations unies. Le ministère met en garde contre leur nouvelle diffusion et appelle à ne pas propager ce qu’il qualifie de désinformation.
Dans son communiqué, la diplomatie ukrainienne estime que les discours visant son pays « coïncident avec les principaux messages de la propagande russe » et chercheraient à fragiliser ses relations avec ses partenaires africains. Elle appelle ainsi la communauté internationale à examiner les enjeux sécuritaires au Sahel à partir de faits vérifiables, tout en attirant l’attention sur les activités des structures militaires russes dans la région et leurs éventuelles implications en matière de déstabilisation et de violations des droits humains.
Sur le volet historique et diplomatique, l’Ukraine affirme ne pas avoir de passé colonial en Afrique et rappelle sa participation, pendant plusieurs années, aux opérations de maintien de la paix des Nations unies sur le continent, notamment au Mali. Elle revendique des relations avec les États africains fondées sur « les principes d’égalité, de respect mutuel et de non-ingérence dans les affaires intérieures ».
Le ministère souligne également que le respect de la souveraineté ne saurait être appliqué de manière sélective. Il établit un parallèle entre le droit des pays africains à choisir librement leurs partenaires et celui de l’Ukraine à préserver son indépendance, sa souveraineté et son intégrité territoriale face à l’agression russe.
Enfin, Kyiv affirme rester disposé à engager un « dialogue honnête et substantiel » avec le Mali, le Niger et les autres États du Sahel, afin d’examiner toute préoccupation concrète sur la base des faits, du respect mutuel et du droit international.
Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions entre Kyiv et les pays de l’AES, qui ont notamment accusé l’Ukraine de soutenir des groupes armés dans la région. Par ailleurs, ces pays ont renforcé leur coopération militaire avec Moscou, notamment à travers l’Africa Corps. Cette situation illustre également la confrontation indirecte entre l’Ukraine et la Russie autour des enjeux sécuritaires et de l’influence en Afrique.