Le gouvernement ivoirien met fin à la Commission électorale indépendante, en place depuis 2001, et promet un nouveau mécanisme censé renforcer la confiance et apaiser les processus électoraux.
Le paysage institutionnel électoral ivoirien entre dans une phase de profonde recomposition. Réuni en Conseil des ministres ce mercredi 6 mai 2026, le gouvernement a acté la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI), structure centrale du dispositif électoral depuis sa création en 2001.
L’annonce a été faite par le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, qui a justifié cette décision par les critiques récurrentes visant l’institution. Selon lui, cette réforme vise à ouvrir une nouvelle étape.
« La dissolution de cet organe électoral ouvre la voie à l’avènement d’un nouveau mécanisme de gestion des élections à même de rassurer davantage les acteurs politiques et les Ivoiriens », a-t-il déclaré.
Selon les autorités, l’objectif affiché est clair : bâtir un système électoral plus crédible, capable de garantir des scrutins apaisés et de restaurer la confiance entre les différentes parties prenantes.
Le président de la République, Alassane Ouattara, a confirmé la décision, évoquant la nécessité de tirer les enseignements des limites observées au fil des cycles électoraux.
« Dans un souci de consolidation de la démocratie et de renforcement de la confiance, nous avons décidé cette dissolution », a-t-il expliqué, soulignant la volonté d’engager une transition institutionnelle.
Réactions contrastées de la classe politique
Cette décision majeure a immédiatement suscité des réactions au sein de la classe politique et de la société civile.
Le président du FPI, Pascal Affi N’Guessan, a salué la fin de l’ancienne architecture électorale, estimant que le pays doit désormais engager une refondation globale du système.
« La CEI des crises électorales a tiré sa révérence. Il faut ouvrir un dialogue pour refonder le système électoral », a-t-il réagi.
De son côté, Danielle Boni Claverie a adopté une position plus prudente. Tout en prenant acte de la dissolution, elle appelle à la vigilance sur la future architecture institutionnelle.
« Nous nous abstiendrons de tout jugement pour l’instant. Tout dépendra de la forme de la nouvelle structure et de sa neutralité », a-t-elle indiqué, rappelant les propositions de l’opposition en faveur d’une plus grande implication de la société civile.
Dans le camp de la société civile, Ebrin Yao Rémi a salué une décision historique, allant jusqu’à parler de « meilleure nouvelle de l’année 2026 », estimant que cette réforme répond à une revendication ancienne.
À l’inverse, Samouka Diabaté a exprimé des réserves sur la méthode employée, regrettant l’absence de concertation préalable.
« Une concertation aurait été souhaitable avant une telle décision », a-t-il estimé, tout en reconnaissant la nécessité de repenser l’organe électoral.
Vers un nouveau mécanisme électoral
Créée en 2001 dans le cadre des réformes constitutionnelles ivoiriennes, la CEI aura joué un rôle central dans l’organisation des élections pendant près de 25 ans. Sa dissolution marque ainsi la fin d’un cycle institutionnel majeur.
Les autorités annoncent désormais la mise en place prochaine d’un nouveau dispositif électoral, dont les contours restent à définir, mais qui devra, selon le gouvernement, répondre à un impératif central : restaurer la confiance et garantir des élections durablement apaisées.