Emmanuel Besnier, ambassadeur de France en Mauritanie.©️DR
À la veille du sommet Africa Forward de Nairobi, l’ambassadeur français en Mauritanie, Emmanuel Besnier, présente cette rencontre comme l’aboutissement de près de dix années de refondation des relations entre la France et le continent africain, fondées sur des partenariats équilibrés, la souveraineté partagée et des investissements concrets.
Dans une tribune publiée à l’approche du sommet Africa Forward, prévu les 11 et 12 mai 2026 à Nairobi, Emmanuel Besnier affirme que cette rencontre internationale marque « la concrétisation de partenariats équilibrés et tournés vers l’avenir entre le continent africain et la France ».
Près de dix ans après le discours prononcé par le président français Emmanuel Macron à Ouagadougou en 2017, l’ambassadeur défend une transformation profonde de la politique africaine de la France, désormais axée sur « des relations d’égal à égal et de respect fondées sur des intérêts partagés et des résultats concrets ».
Fin de l’approche traditionnelle
Dans sa tribune, le diplomate met en avant plusieurs inflexions majeures de la stratégie française sur le continent : fermeture progressive des bases militaires permanentes en Afrique, priorité donnée à la formation via les écoles nationales à vocation régionale, soutien à une meilleure représentativité africaine dans les institutions internationales, ainsi qu’une mobilisation sur des enjeux globaux comme le climat, la sécurité alimentaire, la souveraineté vaccinale et l’économie bleue.
Emmanuel Besnier souligne également la volonté française de revisiter son histoire coloniale « dans un esprit de dialogue », à travers le travail de mémoire engagé sur plusieurs dossiers sensibles et la restitution progressive de biens culturels à plusieurs pays africains.
La Mauritanie comme exemple concret
L’ambassadeur présente la Mauritanie comme l’illustration tangible de cette relation renouvelée.
Selon lui, la coopération franco-mauritanienne repose aujourd’hui sur trois piliers :
- Un partenariat économique renforcé, avec près de 40 entreprises françaises présentes dans le pays, plus de 2 000 emplois directs et plus de 340 millions d’euros d’échanges commerciaux
- Des investissements solidaires accrus, avec un portefeuille de projets français atteignant près de 500 millions d’euros, principalement orienté vers la jeunesse, l’agriculture, la souveraineté alimentaire, l’eau et l’énergie
- Des liens humains et culturels approfondis, à travers l’augmentation du nombre d’étudiants mauritaniens en France et la valorisation d’artistes mauritaniens sur les scènes culturelles françaises.
La visite d’État du président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani en France en avril dernier est présentée comme un symbole fort de cette dynamique bilatérale.
Jeunesse, secteur privé et investissements croisés
Pour Paris, Africa Forward doit désormais permettre d’accélérer cette nouvelle doctrine diplomatique, en réunissant États, entreprises, institutions financières, diasporas, artistes et jeunesses africaines autour de solutions concrètes aux grands défis communs : santé, numérique, sécurité alimentaire, énergie et connectivité.
L’ambassadeur insiste particulièrement sur la place centrale de la jeunesse et du secteur privé, saluant la participation de jeunes acteurs mauritaniens de la société civile au sommet.
Nairobi, nouveau symbole du dialogue Afrique-France
Prévu du 11 au 13 mai 2026 à Nairobi, le sommet Africa Forward est coorganisé par la France et le Kenya, sous l’impulsion d’Emmanuel Macron et du président kényan William Ruto.
Premier sommet Afrique-France de cette ampleur organisé dans un pays anglophone, il réunira plusieurs chefs d’État africains, partenaires économiques et acteurs du développement autour de la transformation économique du continent, de l’intégration régionale et du renforcement des partenariats stratégiques.
Le forum d’affaires « Africa Forward: Inspire & Connect », prévu le 11 mai, devrait rassembler jusqu’à 2 000 dirigeants d’entreprises et investisseurs africains et français, avec l’ambition de faire émerger une nouvelle génération de coopération économique entre la France et l’Afrique.