Alors que le Sénégal accueille ce samedi soir la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, une polémique politique éclate autour de l’absence annoncée du président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko. Le député de Pastef Cheikh Bara N’diaye dénonce une mise à l’écart qu’il impute au président Bassirou Diomaye Faye, dans un contexte de rupture entre les deux anciens alliés.
Le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, ne figure pas parmi les personnalités annoncées à la cérémonie d’ouverture des JOJ Dakar 2026, prévue dans quelques heures au stade Abdoulaye-Wade, à Diamniadio. Cette absence suscite des interrogations, alors que l’événement doit réunir plusieurs chefs d’État et de gouvernement, des représentants du Comité international olympique (CIO) ainsi que des délégations venues du monde entier.
Dans un message publié sur ses réseaux sociaux à l’occasion des JOJ, Ousmane Sonko a adressé, au nom de l’Assemblée nationale, ses vœux de bienvenue aux délégations étrangères et à l’ensemble des participants. Il a également salué les efforts des acteurs institutionnels et organisationnels mobilisés pour la réussite de l’événement, avec une mention particulière au maire de Dakar, Abass Fall, pour les aménagements réalisés dans la capitale. « Chère jeunesse du monde, que votre fête soit belle ! », a-t-il écrit.
La controverse a pris une dimension politique après la réaction du député de Pastef Cheikh Bara N’diaye. Dans une publication sur Facebook intitulée « La République à terre ! », ce dernier affirme que le président de l’Assemblée nationale n’a pas reçu d’invitation officielle à la cérémonie. Il accuse Bassirou Diomaye Faye de laisser les tensions personnelles prendre le dessus sur les exigences républicaines. Selon lui, la Présidence de la République joue un rôle central dans l’organisation du volet officiel, notamment pour les invitations des personnalités et l’attribution des places dans les tribunes. Il estime également que cette absence pourrait être liée à une volonté d’éviter que Sonko ne lui fasse de l’ombre lors de la cérémonie.
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Cette polémique intervient sur fond de détérioration des relations entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, autrefois les deux figures centrales de l’alternance politique de 2024. Leur rupture est devenue manifeste le 22 mai 2026, lorsque le chef de l’État a mis fin aux fonctions de Sonko à la Primature et dissous son gouvernement. Après cette éviction, l’ancien Premier ministre a retrouvé une position institutionnelle majeure en accédant à la présidence de l’Assemblée nationale, tout en conservant son influence au sein de Pastef.
Les divergences entre les deux hommes, qui se sont progressivement accentuées depuis leur arrivée au pouvoir, concernent notamment la conduite de l’action gouvernementale, l’autorité présidentielle, les orientations économiques et la gestion de certaines questions institutionnelles. L’épisode de la cérémonie d’ouverture des JOJ ajoute ainsi un nouvel élément à une rivalité désormais exposée sur la scène publique.
Prévu du 31 octobre au 13 novembre, Dakar 2026 marque une première historique pour le continent africain, qui accueille pour la première fois les Jeux olympiques de la jeunesse. Alors que le président Bassirou Diomaye Faye doit présider la cérémonie d’ouverture, la polémique autour de la place réservée au deuxième personnage de l’État risque de détourner momentanément l’attention de cet événement sportif international.